Amiante: Québec joue un drôle de jeu

Le 24 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Québec a investi 58 M$ dans la réouveture de la mine Jeffrey.
Le Québec a investi 58 M$ dans la réouveture de la mine Jeffrey.

La Belle province est au cœur d’une triste polémique. A la fin du mois de juin, Investissement Québec a annoncé l’octroi d’un prêt de 58 millions de dollars (48 millions d’euros) à un consortium privé pour relancer l’exploitation de la mine d’amiante Jeffrey, située sur le territoire de la ville d’Asbestos, à 200 kilomètres de Montréal.

Vieux de deux ans, ce dossier empoisonne la vie politique locale. Mais pas seulement. Le bras financier du gouvernement régional a dû intervenir en raison de l’incapacité des trois industriels, porteurs du projet, à boucler leur budget.

Pour justifier sa décision, le gouvernement dirigé par Jean Charest explique que cette relance créera, dès 2013, plusieurs centaines d’emplois. Plus ambigu: le Premier ministre libéral affirme que toute la production d’amiante sera exportée. Sous-entendu: les méfaits du chrysotile ne concerneront pas les Québécois.

Car, révèle La Presse, l’amiante que produiront les mineurs d’Abestos sera exclusivement exporté vers la Thaïlande, le principal actionnaire de la mine étant la société thaïlandaise Ulan Marketing. Problème: l’ancien Siam a beau être l’un des principaux importateurs de la fibre mortelle dans le monde, son gouvernement a annoncé, au printemps 2011, son intention d’interdire utilisation et importation de l’amiante.

Ce qui n’est pas du tout le cas du Québec. Son Premier ministre s’estime d’ailleurs convaincu de la possibilité d’utiliser sans risque l’amiante. «La position du gouvernement du Québec, c'est une position qui a transcendé les partis politiques et les gouvernements, (sur) l'utilisation sécuritaire du chrysotile, a-t-il dit. Donc, c'est une position qui reflète nos convictions sur l'utilisation sécuritaire du chrysotile.»

Une conviction qui fait hurler les scientifiques. Dans un «énoncé de position» rendu public aujourd’hui 24 juillet par Le Devoir, des épidémiologistes du monde entier rappellent que toutes les formes d’amiante sont cancérigènes. Les signataires appellent aussi à l’arrêt de la production, du commerce et de l’utilisation de l’amiante où que ce soit.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les cancers du poumon, mésothéliomes et asbestoses liés à une exposition professionnelle à l'amiante tuent, chaque année, plus de 100.000 personnes dans le monde.



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