Amiante: Martine Aubry pourrait être mise en examen

Le 08 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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Martine Aubry a déjà été entendue comme témoin
Martine Aubry a déjà été entendue comme témoin

Martine Aubry est convoquée par la juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, dans le cadre d’une enquête sur l’action des pouvoirs publics face aux dégâts provoqués par l’amiante dans les années 1970-80, indique une source proche de l’enquête. Elle pourrait être mise en examen à cette occasion.

La maire de Lille sera entendue par la juge du pôle Santé du tribunal de grande instance de Paris, au titre de ses anciennes fonctions de directrice des relations du travail, au sein du ministère du travail, entre 1984 et 1987.

Martine Aubry a déjà été entendue comme témoin dans cette affaire, en même temps que des dizaines de hauts fonctionnaires. «Comme tous ceux qui travaillaient avec moi, j’avais la conviction que le décret de 1977, puis celui de 1987, nous permettaient de protéger efficacement la santé des salariés», avait-elle alors déclaré lors de son audition. «Aucune alerte n’est venue de la Cnam, du ministère de la santé, d’autres acteurs ou des chercheurs pour nous dire que ce n’était pas le cas», se défend l’ex-première secrétaire du parti socialiste.

Pour rappel, le caractère cancérogène de l’amiante est connu depuis les années 1950 mais le premier décret réglementant son usage n’est intervenu en France qu’en 1977, et l’interdiction seulement prononcée en 1997.

L’entourage de Martine Aubry a annoncé qu’elle apporterait tout son concours à l’enquête judiciaire, comme elle l’a déjà fait lors de ses auditions par les missions d’information du Sénat et de l’Assemblée nationale. Elle expliquera comment l’administration des relations du travail avait renforcé la protection des travailleurs de l’amiante.

Dans cette enquête, la juge Bertella-Geffroy s’intéresse en particulier à l’influence du Comité permanent amiante (CPA), considéré par les victimes comme la structure de lobbying des industriels de l’amiante dans les années 1980. Cet organisme, réunissant des industriels mais aussi des fonctionnaires, des scientifiques et des syndicats, a fonctionné de 1982 à 1995. Quatre anciens dirigeants du CPA ont déjà été mis en examen en janvier dernier, pour avoir contribué à créer des dommages en minimisant les dangers du matériau, en contribuant à désinformer le public et en participant au blocage d’une directive européenne en 1991 et en 1994 (voir JDLE).

Selon l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), l’amiante est responsable de 10 à 20% des cancers du poumon et pourrait provoquer 100.000 décès d’ici 2025.

 



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