Amiante: le réveil de la Vallée de la mort

Le 18 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le monument aux victimes de l'amiante de Condé-sur-Noireau.
Le monument aux victimes de l'amiante de Condé-sur-Noireau.

C’est sans doute l’un des sites industriels où l’amiante aura causé le plus de ravages.

Situé aux confins de la Suisse normande (Calvados), Condé-sur-Noireau a accueilli, plus d’un siècle durant, des usines où l’on manipulait l’amiante.

La dernière en activité, Ferodo, un équipementier automobile, a été reprise par Honeywell. Mais l’industriel américain ayant décidé de transférer sa production de freins en Roumanie, l’usine doit cesser toute activité le 30 juin prochain.

Cette échéance fait craindre aux 320 salariés d’être condamnés à une double peine. «Les salariés d’Honeywell vont subir une double sanction, celle d’être licenciés et celle d’avoir travaillé jusqu’en juin 2013 dans des bâtiments et avec des machines qui n’ont pas été dépollués de ce poison qu’est l’amiante», affirment-ils dans une lettre envoyée au ministre du travail, Michel Sapin.

Les «300», comme ils se sont baptisés, veulent que le site soit officiellement reconnu amianté. Ce qui permettrait à certains salariés de prétendre à l’allocation de cessation anticipée d’activité amiante (Acaata).

Aucune étude épidémiologique n’a été conduite sur la population de la cité normande. Toutefois, rappelle Jean-Claude Zerbib dans un article publié en 1977, les premiers cas d’asbestose chez les travailleurs de Condé ont été diagnostiqués dès… 1906.

Selon certains salariés, l’amiante ferait encore une à deux victimes par semaine dans la région de Condé-sur-Noireau, d’où le surnom de «vallée de la mort».

Coïncidence: au moment où les «300» lancent leur appel du 19 octobre, la justice prononce un non-lieu, suite à la mise en examen de Jean-Paul Teissonnière [JDLE]. L’avocat des victimes de l’amiante était l’objet d’une plainte pour diffamation déposée par Eternit. L’industriel a depuis retiré sa plainte «pour apaiser les tensions».



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