Amiante: faute inexcusable pour des employeurs de Dordogne

Le 22 décembre 2016 par Romain Loury
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L'amiante, un marathon judiciaire
L'amiante, un marathon judiciaire
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Le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Dordogne, à Périgueux, a reconnu, mardi 20 décembre, la faute inexcusable de trois employeurs face à d’anciens salariés atteints de maladies liées à l’amiante.

Parmi ces trois anciens salariés, un seul est encore vivant: il s’agit d’un ancien pompier, âgé de 73 ans, actuellement atteint d’un cancer bronchopulmonaire non opérable. Exposé pendant 35 ans à l’amiante, il a exercé à la Poudrerie de Bergerac, site de fabrication de poudres et d’explosifs (notamment à visée militaire) actuellement exploité par l’entreprise Eurenco (groupe SNPE).

Les deux autres affaires opposaient EDF et l’entreprise de papeterie Condat aux ayant-droits de deux anciens salariés, tous deux décédés de maladies liées à l’amiante. Dans les trois cas, le TASS de Périgueux a reconnu la faute inexcusable des employeurs, qui devront verser des indemnités aux victimes ou à leurs familles.

D’autres dossiers en cours

Contacté par le JDLE, René Vincent, le président du Cerader 24[i], association qui soutient les victimes de l’amiante dans leurs démarches, indique suivre environ 340 dossiers –dont 108 de personnes décédées- en Dordogne. Parmi eux, 42 ont trait à d’anciens salariés de la Poudrerie de Bergerac, ajoute-t-il.

«D’ici 2050, l’amiante aura fait 100.000 morts en France: c’est une situation intolérable face à laquelle l’Etat ne fait quasiment rien. Quand les entreprises sont prises la main dans le sac, elles font un peu de désamiantage, mais personne ne bouge vraiment», juge René Vincent.



[i] Collectif pour l’élimination rapide de l’amiante et défense des exposés aux risques