Amiante: à la recherche des responsables

Le 14 avril 2005 par Christine Sévillano
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Les indemnisations réglementaires ne suffisent plus, les victimes d'exposition professionnelle à l'amiante semblent désormais vouloir trouver des responsables.

12 anciens salariés de la Direction des chantiers navals (DCN) à Brest viennent de porter plainte auprès du pôle santé du Tribunal de grande instance de Paris contre X pour «coups et blessures involontaires». Les procédures judiciaires de ce genre sont encore peu nombreuses (moins d'une dizaine) mais maître François Lafforgue, avocat de ces salariés, semble penser que leur nombre ne fera que croître: «Aujourd'hui aucune de ces affaires n'a abouti à une audience au tribunal correctionnel, mais ce type de recours prendra plus d'ampleur dans les années à venir. Les victimes veulent que les responsabilités des chefs d'entreprise, dans notre cas l'Etat, soient engagées».

Des indemnités existent, mais pour les salariés ce n'est pas suffisant. «Elles réparent le préjudice subi par les familles, surtout sur le plan matériel, mais les employeurs responsables n'ont pas été punis», explique Etienne Le Guilcher, président d'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva) du Finistère (1). Il affirme que des notes, laissées  lettres mortes, ont circulé dès les années 70 pour mettre en garde les employeurs sur les dangers de cette fibre, en soulignant les protections à distribuer aux employés. «Aller au pénal, c'est aussi mettre un terme à l'utilisation de l'amiante, car nous manquons encore de réglementation sur le devenir de l'amiante en place», poursuit Etienne Le Guilcher. Il évoque notamment la manipulation de la fibre dans la maintenance de navires, mais aussi d'appareils qui en contiennent.

La DCN n'a pas souhaité faire de commentaire sur le dépôt de ces plaintes. L'amiante était utilisée sur les chantiers pour l'isolation des cloisons, des circuits de vapeurs ou des joints qui se situent sur les tuyauteries. Selon l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva), la fibre pourrait faire 100.000 victimes en France d'ici 2025. L'allocation de cessation anticipée d'activité (la pré-retraite) a coûté 325 millions d'euros en 2002 à la Sécurité sociale aidée de l'Etat. Comparés aux 260 millions d'euros que l'industrie de l'amiante a gagnés en 1995, on peut se demander pourquoi les pouvoirs publics n'ont pas entendu plus rapidement les alertes de la profession médicale.



(1) Addeva du Finistère s'occupe aussi des victimes des Cotes d'Armor.




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