Ambitions: ça repart (un peu) à la hausse

Le 13 décembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Une poignée de pays annonce un rehaussement de leurs ambitions climatiques.
Une poignée de pays annonce un rehaussement de leurs ambitions climatiques.
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Un coin de ciel bleu dans la grisaille polonaise. Neuf pays ont annoncé, ces derniers jours, une hausse de leur ambition climatique. Seules les Marshall ont déjà accéléré leur chasse au carbone.

 

S’inspirant peut-être des nombreux débats nationaux français sur l’énergie, le Vietnam envisage de réunir, l’an prochain, toutes les parties prenantes pour rédiger une nouvelle contribution nationale volontaire (INDC). Dans sa première mouture, Hanoï prévoit d’abattre de 8% ses émissions entre 2021 et 2030 (par rapport à un scénario tendanciel), voire de 25% «avec l’aide internationale».

Premier producteur d’hydrocarbures d’Europe occidentale, la Norvège n’est pas en reste. Oslo a annoncé vouloir rehausser son ambition climatique d’ici à 2020. Cela s’annonce ambitieux. Car le royaume scandinave prévoit déjà de diminuer de 40% ses rejets carbonés entre 1990 et 2030.

Le Qatar fera mieux que rien

Pétrole toujours, avec l’entrée en lice du Qatar. Le gouvernement qatari rédige une nouvelle NDC, a-t-il indiqué cette semaine. De son propre aveu, ce programme «comprendra plus de secteurs et plus de détails». Ce ne sera pas difficile: la version de novembre 2015 ne fixe strictement aucun engagement climatique.

Tel n’est pas le cas du Liban. Beyrouth estime possible de revoir à la hausse les objectifs de sa contribution volontaire avant 2020. L’actuelle INDC propose d’abattre de 15 à 30% les émissions de gaz à effet de serre du pays du cèdre d’ici à 2030, toujours par rapport à un scénario tendanciel.

La Barbade ne fait pas dans la nuance. Après s’être fixé un objectif de réduction de 23% de ses émissions entre 2008 et 2030, la petite île des Caraïbes prévoit de faire mieux encore, a-t-elle annoncé lors d’une séance plénière de la COP 24, sans plus de précision.

l'ukraine sans crimée

Après avoir enjoint aux participants de la COP de dissocier les émissions de la Crimée (annexée par la Russie en 2014) de celle de l’Ukraine, le ministre de l’environnement ukrainien a indiqué vouloir durcir ses promesses passées. Ce ne sera pas du luxe! L’INDC de 2015 indique que les émissions de 2030 seront de 60% inférieures à celles de 1990 (soit 600 millions de tonnes de CO2), c’est à dire avant l’effondrement de l’industrie lourde ukrainienne. En 2016, rappelle l’agence d’évaluation de l’environnement néerlandaise, Kiev a rejeté 210 MtCO2. L’ancienne république soviétique s’autorise, jusqu’à présent, à tripler ses émissions d’ici à 2030.

Pays pressenti pour accueillir, l’année prochaine, la COP 25, le Costa Rica veut montrer l’exemple. Jeudi, au cours d’une conférence des pays les plus vulnérables, l’un de ses représentants a indiqué que son gouvernement devrait réviser sa NDC d’ici à 2020. La version de 2015 prévoit de réduire d’un quart les émissions nationales de gaz à effet de serre, entre 2012 et 2030.

renouvelables aux Seychelles

Classé dans la liste des pays les plus menacés du monde par la montée du niveau de l’océan, les Maldives ne se laisseront pas ennoyer sans combattre. L’archipel ultraplat prévoit déjà de diminuer d’un quart ses rejets de gaz à effet de serre par rapport à un scénario tendanciel. Ce qui lui laisse tout de même le loisir de doubler sa contribution au réchauffement entre 2010 et 2030. Jeudi 13, Mahé a confirmé une révision de son ambition dès 2019. Sans doute avec beaucoup d’énergies renouvelables.

Le Chili aurait commencé à réécrire son INDC, a indiqué mercredi 12, l’un de ses représentants. Jusqu’à présent, Santiago envisage (un peu comme la Chine) de diminuer de 25 à 45 % l’intensité carbone de son économie entre 2007 et 2030, selon le niveau de croissance de son PIB.

Pour le moment, seules les îles Marshall ont revu à la hausse leur stratégie climatique. Publiée juste avant l’ouverture de la COP, leur seconde INDC prévoit de réduire de 58% leurs émissions entre 2010 et 2035 et d’atteindre la neutralité carbone vers 2050.



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