Alzheimer: ne pas oublier la viande sur le feu

Le 04 février 2015 par Romain Loury
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La viande, une question d'AGEs
La viande, une question d'AGEs
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Riches en produits de glycation avancée (AGEs), les aliments cuits à trop haute température, en particulier la viande, pourraient favoriser la maladie d’Alzheimer. Après la souris, une étude franco-américaine publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease conforte l’hypothèse chez l’homme.

Egalement appelés «produits de Maillard», les AGEs sont le résultat d’une réaction entre les protéines et les sucres, appelée «glycation», survenant durant la cuisson d’aliments, en particulier la viande. Ils pourraient favoriser le diabète et les maladies cardiovasculaires, peut-être d’autres maladies chroniques.

En avril 2014, une étude américaine montrait qu’un régime riche en méthylglyoxal, un type d’AGE, accélérait le déclin cognitif chez les souris et favorisait l’apparition de plaques bêta-amyloïdes dans leur cerveau, signe clinique de la maladie d’Alzheimer. Et de premières observations chez l’homme révélaient de plus grandes difficultés cognitives chez les personnes âgées ayant plus d’AGEs dans leur sang.

Publiée par Lorena Perrone, de l’université de Poitiers, et William Grant, du centre SUNARC (Sunlight, Nutrition and Health Research Center) de San Francisco, une nouvelle étude [1] conforte un peu plus cette hypothèse. S’appuyant sur plusieurs travaux précédents, les chercheurs ont évalué l’ingestion d’AGEs dans plusieurs études observationnelles portant sur l’alimentation.

La viande en première ligne

Résultat: l’exposition aux AGEs, qui s’élève avec la consommation de viande (suivie par les huiles végétales, le fromage et le poisson), semble bien liée au risque de développer une maladie d’Alzheimer. Les chercheurs montrent même un lien entre la consommation d’AGEs dans un pays, extrapolée à partir du régime alimentaire moyen, et la prévalence de la maladie.

Pour Jaime Urribarri et Weijing Cai, auteurs new-yorkais de l’étude publiée en avril 2014, «il serait possible de réduire son risque de maladie d’Alzheimer en recourant à des produits moins chargés en AGEs, par exemple en cuisant à moindre température et en présence de plus d’eau. Ce qui montre l’importance non seulement de ce que nous mangeons, mais aussi de la façon dont nous le cuisinons».

Parmi les aliments peu chargés en AGEs, figurent les céréales, les œufs, les fruits et légumes, le lait et les noix. Selon les chercheurs, le régime méditerranéen et le régime japonais seraient particulièrement bénéfiques. Raison pour laquelle les pays qui y recourent, dont l’Espagne, l’Italie et le Japon, présentent une moindre prévalence de maladie d’Alzheimer.

[1] L’étude a bénéficié de financements du CNRS, de l’université de Poitiers et de la Commission européenne.



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