Alteo voit son délai de mise en conformité raccourci

Le 20 juillet 2018 par Stéphanie Senet
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Les rejets liquides dans le parc national des Calanques devront être aux normes au plus tard le 31 décembre 2019
Les rejets liquides dans le parc national des Calanques devront être aux normes au plus tard le 31 décembre 2019

Ce vendredi 20 juillet, le tribunal administratif de Marseille a réduit de deux ans le délai de mise en conformité accordé par le préfet des Bouches-du-Rhône à l’usine Alteo de Gardanne.

L‘échéance se rapproche à grands pas pour le fabricant d’alumine. Les déchets liquides issus des boues rouges rejetés dans le parc national des Calanques devront respecter les limites d’émissions de polluants au plus tard fin 2019, et non fin 2021 comme le demandait le préfet des Bouches-du-Rhône. Suivant les conclusions du rapporteur public prononcées le 15 juin dernier, le tribunal administratif a relevé  «l’existence d’incertitudes techniques résiduelles quant à l’impact environnemental et sanitaire à long terme des substances rejetées dans la Méditerranée pour lesquelles la dérogation a été accordée».

Le système actuel de filtre presse, doublé d’une filtration sous pression, a permis de réduire la pollution des rejets effectués à 320 mètres de profondeur d’environ 95%. Mais ces effluents liquides n’en dépassent pas moins, et de loin, les seuils admis pour plusieurs substances, dont l’aluminium (245 fois) et l’arsenic (34 fois).

Nouvelle étude d’impact

Les magistrats ont également ordonné une nouvelle étude d’impact sur l’appréciation des dangers et des problèmes environnementaux et sanitaires posés par l’usine de Gardanne et son site de stockage des déchets solides, situé sur le site de Mange-Garri, à Bouc-Bel-Air.

De nouvelles prescriptions?

Le préfet des Bouches-du-Rhône est également pointé du doigt. La justice lui demande d’exiger d’Alteo de «compléter l’étude d’impact existante et de procéder à une nouvelle enquête publique, en vue d’adopter, le cas échéant, un arrêté préfectoral contenant des prescriptions complémentaires dans un délai de 6 mois».

Passé chargé

Cette décision représente une victoire partielle pour les associations écologistes, à l’origine du recours, qui demandaient l’annulation pure et simple de l’arrêté autorisant, fin 2015, la prolongation des rejets. «En un demi-siècle, quelque 20 millions de tonnes de boues rouges ont été déversées sur plus de 2.000 kilomètres carrés de fonds marins, en dépit de la convention de Barcelone signée en 1996. (...) Et depuis 2016, de nombreux incidents sont survenus, la société Alteo étant mise en demeure de respecter ses obligations notamment en avril et mai 2018», rappelle la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dans un communiqué. L’association conclut qu’elle jugera les mesures réellement prises pour régulariser la situation et fera, le cas échéant, appel de cette décision.

 



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