Alteo veut faire baisser la pression avec un nouveau traitement des rejets liquides

Le 25 mars 2019 par Stéphanie Senet
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Le fabricant d'alumines n'a pas pour autant sécurisé l'ensemble de ses rejets liquides et terrestres
Le fabricant d'alumines n'a pas pour autant sécurisé l'ensemble de ses rejets liquides et terrestres

Alors que les avertissements se multiplient à l’encontre de ses rejets marins et terrestres, le fabricant d’alumines Alteo se targue d’avoir équipé son usine de deux nouvelles installations.

Dans un communiqué, la société Alteo clame haut et fort la mise en service de son unité de production «haute pureté» et de sa station de traitement des eaux résiduelles par injection de CO2 depuis le 22 mars. Le fabricant d’alumines assure que cette dernière va permettre de supprimer la dérogation (accordée par le préfet, ndlr) sur le pH, l’aluminium et l’arsenic. La société ajoute que deux autres installations sont en projet pour traiter la demande chimique en oxygène (DCO) et la demande biologique en oxygène (DBO) des rejets liquides, qui correspondent à deux autres dérogations préfectorales, dont la fin a été rapportée au 31 décembre 2019[1] par la justice administrative. Aucune annonce ne concerne en revanche les rejets du site de stockage terrestre de Mange-Garri, à Bouc-Bel-Air, contrairement aux recommandations de l’Autorité environnementale

 

La suite des rappels à l’ordre

Pourtant, Alteo vient de subir deux importants rappels à l’ordre. Le premier tient à l’ouverture d’une information judiciaire sur ses rejets[2], le 18 mars par le pôle Santé publique du tribunal de grande instance de Marseille, suite à une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. Le second vient d’un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône, publié le 20 mars, qui rappelle à l’exploitant qu’il doit aménager son site de stockage des déchets solides en canalisant les eaux de pluie dans un ou plusieurs bassins de stockage étanches. Ces travaux, qui auraient dû être terminés en juin 2017, ont pris du retard en raison d’aléas climatiques selon Alteo. Le préfet reste toutefois tolérant puisqu’il prolonge jusqu’au 31 décembre 2020 le délai accordé pour réaliser cette mise aux normes.

Pour mémoire, c’est le représentant de l’Etat à Marseille qui avait donné son feu vert à Alteo, en décembre 2015: il avait autorisé la prolongation jusqu’au 31 décembre 2021 de ses rejets en Méditerranée dépassant plusieurs seuils réglementaires. Au grand dam des associations environnementales.

 



[1] Au lieu du 31 décembre 2021

[2] Il s’agit des rejets de boues rouges puis d’effluents liquides opérés entre juin 2012 et juillet 2018

 



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