Allongement: EDF devra revoir la copie de ses réacteurs 1.300 MW

Le 18 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La centrale de Cattenom sera l'une des premières "1.300" à tenter le passage à 50 ans.
La centrale de Cattenom sera l'une des premières "1.300" à tenter le passage à 50 ans.
Stefan Kühn

L’ASN a donné 5 mois supplémentaires à l’électricien pour qu’il explique comment il renforcera la sûreté des réacteurs de 1.300 MWe qu’il entend exploiter 60 années durant.

 

L’électricien national a l’ambition de faire fonctionner 60 années durant ses réacteurs. C’est possible. La réglementation française ne fixe aucune limite à la durée de vie des centrales atomiques. Pour que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donne son aval à 50, voire 60, années de fonctionnement, EDF doit faire passer avec succès à ses réacteurs les visites décennales. Un examen très minutieux de chaque installation à l’issue duquel les gendarmes du nucléaire français donnent, ou non, leur autorisation de redémarrage, pour une période maximale de 10 ans. Voilà pour la théorie.

Dans la pratique, c’est un peu plus compliqué. A l’orée de la quatrième visite décennale (VD4), l’exploitant doit montrer que ses installations sont conformes à la réglementation et aux normes de sûreté. EDF doit aussi avoir renforcé la sûreté. La philosophie française étant de porter chaque réacteur au niveau de sûreté le plus proche de celui de l’EPR, réputé le plus avancé en la matière.

Les VD4 sont aussi l’occasion de réaliser des travaux de maintenance et de renforcement de la sûreté, au regard du retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima. Le JDLE vous en avait donné un aperçu, lors de la VD4 de la première tranche de la centrale de Tricastin (900 MWe).

Tritium dans la Loire. Après 3 mois d’enquête, le mystère de la pollution au tritium de la Loire s'éclaircit. Dans une note, publiée le 18 octobre, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) estime que le pic de tritium relevé dans le fleuve par l’Acro est probablement imputable à un mauvaise dilution à proximité du point de prélèvement. Une nouvelle campagne de mesure est prévue pour valider l’hypothèse, indique l’IRSN.

Cette préparation au passage de la quatrième visite est engagée pour les 34 tranches de 900 MWe. Pour les 20 réacteurs de 1300 MWe, plus récentes, nous n’en sommes pas encore là. Depuis 2017, le groupe présidé par Jean-Bernard Lévy présente à l’ASN la liste de travaux qu’il entend réaliser lors du 40e anniversaire des réacteurs des centrales de Cattenom, Belleville, Nogent-sur-Seine, Saint-Alban, Penly, Golfech, Flamanville et Paluel.

Retour d'expérience de Fukushima

Un travail considérable, jugé toutefois insuffisant par l’ASN. Dans un projet d’avis, mis en ligne, le 17 octobre, l’autorité indépendante demande à l’électricien comment il compte s’y prendre pour éviter tout découvrement des combustibles: un incident qui avait été à l’origine de l’explosion de trois des six tranches de la centrale nucléaire de Fukushima, en mars 2011.

L’ASN estime aussi qu’EDF peut faire mieux pour minorer les risques d’effet domino en cas d’accident ou d’agression externe, ainsi que les conséquences radiologiques de tels événements.

rendu des copies en mars

EDF devra aussi vérifier que sa méthode d’évaluation des conséquences d’événements naturels (séisme, inondation) est compatible avec le prochain référentiel de Wenra, l’association européenne des autorités de sûreté nucléaire.

La nouvelle copie du programme de mise à niveau de ses réacteurs de 1.300 MWe de l’électricien devra tomber sur le bureau de l’ASN d’ici mars 2020.



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