Alliance franco-suisse pour la qualité de l’air

Le 30 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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A Genève, aussi, le fond de l'air effraie.
A Genève, aussi, le fond de l'air effraie.
VLDT

Au premier jour des Assises européennes de la transition énergétique, 14 collectivités françaises et suisses ont conclu un pacte transfrontalier pour réduire les émissions de NOx et de particules fines. Une première européenne!

 

L’histoire est ironique. Au moment où Nicolas Hulot était auditionné par la Commission européenne pour s’expliquer sur la piètre performance de la politique française en matière de lutte contre la pollution de l’air, le président de l’Ademe[1] signait un accord pour améliorer la qualité de l’air du Grand Genève. Une démarche «innovante et inspirante», a estimé Bruno Léchevin.

14 collectivités

Et pour cause! Conclu ce mardi 30 janvier par 14 collectivités[2] et institutions suisses et françaises, Pact’Air vise à réduire de moitié les émissions d’oxydes d’azote et de 18% celles de particules fines (PM10) entre 2005 et 2030.

Pour atteindre pareil objectif, les signataires des deux côtés de la frontière mettent le paquet. En prévoyant de mettre en œuvre un imposant train de mesures, conjuguant actions à court, moyen et long terme.

42.000 entreprises

Très vite, les autorités helvétiques et françaises ouvriront une voie réservée au covoiturage à la douane de Thonex-Vallard. Les salariés des 42.000 entreprises du bassin seront sensibilisés à l’éco-conduite, au plan de mobilité d’entreprise. Voire encouragés à s’équiper en véhicules électriques à pile à combustible, directement alimentée par de l’hydrogène: 50 véhicules doivent être déployés dans le bassin, ainsi qu’une station de recharge.

Macaron Crit’Air

A moyen terme, les signataires «vont identifier ce qui se fait de mieux chez l’autre et en tirer le meilleur», souligne Jean Denais, président du pôle métropolitain du Genevois français. Les automobilistes du canton (suisse) de Genève vont ainsi décorer les pare-brise de leur voiture avec le macaron Crit’Air.

Et découvrir la circulation alternée à la française, lors des pics de pollution. La gestion de ces épisodes sera d’ailleurs coordonnée de la même façon sur les deux rives du Léman. Côté français, les subventions à l’achat de chauffage à bois seront conditionnées aux performances énergétiques (et donc aux émissions de particules) des chaudières.

En cas de saturation de l’air par les polluants, les autorités de transport helvétiques et tricolores adopteront les mêmes incitations tarifaires pour faire préférer les transports collectifs aux véhicules individuels.

Producteurs de gruyère et de reblochon devront cesser tout brûlage et réduire l’utilisation de leurs tracteurs en même temps.

Politiques communes

A long terme, l’exploitant de l’aéroport franco-suisse de Genève engagera plusieurs actions pour réduire les émissions de la plateforme aéroportuaire: véhicules électriques de service, accroissement de l’offre de transport public pour les passagers, développement des agrocarburants pour les avions.

Saluée de toute part, cette alliance est le prolongement de la gestion commune de l’eau, initiée par les territoires suisses et français il y a une vingtaine d’années. «Une politique commune qui nous a permis, comme en 2015, d’éviter de nombreuses catastrophes au moment des crues de l’Arve», se souvient François Longchamp, président du Grand Genève.



[1] Ademe: Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[2] Les collectivités du Grand Genève abritent près de un million d’habitants.

 



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