Allergies: surveiller pour mieux soigner

Le 20 mars 2018 par Marine Jobert
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Les champignons sur les débris des moissons très asthmatogènes.
Les champignons sur les débris des moissons très asthmatogènes.
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Un rapport dresse, pour la première fois, un état des lieux du réseau de surveillance des pollens et des moisissures et délivre des recommandations aux allergiques, de plus en plus nombreux à souffrir de pathologies parfois mal diagnostiquées.

Se rincer les cheveux le soir. Eviter de faire sécher son linge à l’extérieur. Garder les vitres de la voiture fermées. La vie quotidienne des allergiques n’est pas de tout repos quand les pollens et les moisissures sont de sortie. Or à la faveur des cahots de la météo, de plus en plus fréquents avec le changement climatique, le calendrier des périodes à risque a tendance à s’égrener tout au long de l’année. A l’occasion de la journée française de l’allergie, un rapport dresse le bilan national de la surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant. Rédigé par le réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), la fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Atmo France) et l’Association des pollinariums sentinelles de France® (APSF), ce rapport sera actualisé chaque année.

Lutter contre les allergies en jardinerie? Un arrêté est en cours de rédaction, pour établir une liste de végétaux pour lesquels le vendeur devra fournir au consommateur, avant achat, une information sur les risques pour la santé. Des protocoles de taille des végétaux, notamment au stade bourgeon, peuvent limiter les émissions de pollen. Certaines espèces envahissantes à pollen très allergisant -comme trois ambroisies- doivent être combattues.

1 Français sur 4

Entre 25 et 30% de Français souffrent d’allergies, alertaient au printemps 2017 la crème des allergologues hexagonaux, qui espéraient faire une grande cause nationale de la lutte contre les effets combinés de «l’urbanisation massive et des changements dans nos habitudes alimentaires, de la perte de la biodiversité, du réchauffement et de la pollution atmosphérique». En vain pour l’instant. Les voilà engagés dans une démarche active d’information sur les pollens et les moisissures, dont ce rapport reprend les informations principales.

Mieux former les professionnels

Expliquer que les moisissures, en nombre sur les débris végétaux après la moisson, sporulent à foison pendant l’été, provoquant des asthmes en pagaille, spécialement chez les enfants. Rappeler que la compagnie d’un bouleau, qui n’offre pas le spectaculaire fleurissement du majestueux cerisier du Japon, peut contribuer à provoquer une allergie, car il pollinise. «Un patient qui, trois années de suite, prend des antibiotiques à la même période pour le même symptôme alors qu’il est allergique à un pollen, ça a un coût bien supérieur pour la société à la prise en préventif d’anti-histaminiques», alerte Béatrice Benabes, référente d'Atmo France sur les pollens. L’allergologue insiste aussi sur l’importance de la formation du corps médical à ces questions, dont l’évolution est à surveiller d’une année sur l’autre.

Une plateforme de modélisation du pollen d’ambroisie sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un réseau participatif qui met en relation des botanistes bénévoles et des personnes allergiques, via la plateforme numérique Pollin’air montée par Atmo Grand Est. Des guides sur les végétaux allergisants et les moyens de limiter leurs émissions de pollens, élaborés en Languedoc-Roussillon. Des exemples dont compte d’inspirer le groupe Pollens d’Atmo pour proposer le meilleur des techniques de surveillance et d’alerte disponibles.

Des pollens toute l’année

«Chaque année est spécifique, car elle dépend des conditions météorologiques, dont dépendent la floraison et la dispersion des pollens, confirme Charlotte Sindt, la directrice de la RNSA. La saison commence en février et finit en octobre. Il y a même quelques cyprès qui recommencent en zone méditerranéenne à polliniser dès octobre!» D’où l’importance de connaître avec précision l’occurrence de ces phénomènes, grâce à deux dispositifs complémentaires. Ainsi, une douzaine de jardinets, où sont rassemblées les principales espèces de plantes, arbustes et arbres sauvages de la région dont le pollen est allergisant, ont été implantés en France depuis 2003, majoritairement dans l’Ouest. Un jardinier visite chaque jour ces pollinariums et lorsqu’il observe un début de pollinisation, déclenche dans la foulée une «alerte pollens» aux 10.000 inscrits à la lettre d’information de l’ASPF.

 

Une trentaine de moisissures

Plus technologique, le RNSA a dispersé quelque 85 capteurs sur tout le territoire national, qui ‘respirent’ les pollens et les moisissures. Aulne, cyprès, olivier, frêne, noisetier ou encore la redoutable ambroisie venue d’Amérique du Nord… environ 100 taxons différents de pollens dispersés par le vent sont ainsi identifiés, contre une trentaine de moisissures, dont les spores sont plus ardus à discriminer. A la différence des pollens, inféodés au biotope de leur plante, l’alternaria, la basidiospore et le cladosporium, les principaux allergisants de la catégorie champignons- sont présents sur l’ensemble du territoire.

 

 

 

 

 



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