Allergies aux chaussures : le risque DMFu évalué

Le 03 novembre 2011 par Geneviève De Lacour
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En 2008, plusieurs centaines de signalements d’allergies (eczémas, dermites irritatives ou allergiques) parfois sévères ont été observés en France et dans d'autres pays européens. Les coupables ? Essentiellement des chaussures et des canapés ou fauteuils d’origine chinoise.

Saisie par les ministères du travail et de la santé en mai 2009, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a été chargée d’évaluer les risques pour la santé d’une exposition à divers articles traités avec du diméthylfumarate (DMFu). Selon l’agence, il s’agit, en grande majorité de produits d'importation - chaussures, canapés et fauteuils- traités par ce produit aux propriétés anti-moisissures.

 
Par précaution, les autorités ont décidé en décembre 2008 de suspendre provisoirement la mise sur le marché d'articles contenant du DMFu en France (voir JDLE). Cette interdiction a été prolongée en mars 2009 par une décision reconductible de la Commission européenne, s'appliquant pour un an. Pour renforcer cette décision, la France a été à l'initiative d'une procédure de restriction de la molécule dans le cadre du règlement européen REACh. Elle vise à interdire définitivement l’utilisation du DMFu et la mise sur le marché d'articles en contenant. La décision finale devrait d’ailleurs être prise par la Commission européenne d'ici la fin de l'année 2011 ou tout début 2012.
 
Pour remplir sa mission, l’Anses a donc cherché à identifier toutes les sources d'exposition potentielles des travailleurs et des consommateurs. Dans un communiqué publié mercredi 2 novembre, elle synthétise les connaissances à ce sujet. Le DMFu serait utilisé en tant fongicide pour protéger, durant le transport et le stockage, divers produits d'importation tels que vêtements, produits à base de cuir, de polychlorure de vinyle (PVC) ou de polyuréthane et articles d'ameublement, essentiellement en cuir. «Ces articles traités ou contaminés par le DMFu constituent la principale source d'exposition à la molécule dans l'environnement général et professionnel en France» conclut l’agence.
 
Mais le DMFu peut aussi se retrouver dans des matériaux ayant été en contact ou proche d'un article contaminé. Cette contamination secondaire s’opère via l'air, puisque le produit peut se volatiliser ou en surface d'éléments (sol ou surfaces intérieures).
 
L’Anses, qui  a également évalué la toxicité du produit, confirme «le potentiel irritant et/ou sensibilisant du DMFu qui peut ainsi être responsable de dermites de contact irritatives et allergiques».
 
L'agence a cherché à déterminer si d'autres effets étaient possibles.
En envisageant un scénario d'exposition de type maximaliste, elle ne constate pas «d'effets systémiques sur la santé (cancérogènes ou autres), pouvant survenir suite à une exposition à du DMFu résiduel par inhalation ou contact cutané». Et complète : «concernant les effets locaux sur le tractus respiratoire, les données disponibles restent limitées et n'ont pas conduit à confirmer une toxicité du DMFu par inhalation. »
Mais pour une meilleure caractérisation des risques, l’Anses émet quelques recommandations. Elle envisage «un suivi des moyens de substitution du DMFu, ainsi que la protection et la surveillance des travailleurs potentiellement exposés à cette substance, avec la mise en œuvre de moyens de protection adaptés et la surveillance médicale des personnels potentiellement exposés ».
 
Sur le même sujet : http://www.journaldelenvironnement.net/article/dimethylfumarate-l-afsset-va-evaluer-les-risques-sanitaires,13221


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