Allergie aux cacahuètes: premier succès d’une tentative de désensibilisation

Le 16 janvier 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les scientifiques espèrent diminuer les effets de l'allergie.
Les scientifiques espèrent diminuer les effets de l'allergie.

Une équipe américaine est parvenue à désensibiliser des personnes allergiques aux cacahuètes, grâce à un protocole d’exposition croissante appliquée par voie sublinguale, lors d’une étude publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Si la désensibilisation allergique a fait ses preuves en ce qui concerne le pollen et les acariens, elle s’est à ce jour révélée peu efficace contre les allergies d’ordre alimentaire. L’étude menée par David Fleischer, du centre National Jewish Health de Denver (Colorado), et ses collègues est donc la première à obtenir des résultats intéressants contre l’allergie aux cacahuètes.

Les 40 volontaires allergiques ont été répartis en deux groupes, les uns recevant des doses croissantes de protéines de cacahuètes, les autres un placebo -sans qu’aucun ne connaisse la nature des gouttes, appliquées sous la langue, qui lui étaient attribuées. Après 44 semaines, 70% de ceux du groupe cacahuètes ont vu leur tolérance fortement augmenter, jusqu’à une médiane de 496 milligrammes de protéines contre 3,5 mg en début d’étude.

Les progrès se sont poursuivis après la phase en double-aveugle, lorsque les volontaires ont appris à quel groupe ils appartenaient. La tolérance est montée à 996 mg chez ceux du groupe cacahuètes; quant à ceux initialement sous placebo, ayant désormais droit à la désensibilisation, 44% ont à leur tour connu une amélioration, jusqu’à 496 mg de protéines de cacahuètes tolérées.

Si ces niveaux ne suffiront probablement pas à effacer l’allergie, ils devraient suffire à protéger ces personnes en cas d’exposition accidentelle -que les chercheurs estiment à 100 mg, par exemple suite à l’ingestion d’un aliment contenant des cacahuètes sans que l’étiquetage ne le mentionne. «En moyenne, une cacahuète contient environ 250 mg de protéines», rappelle l’équipe.

La prudence reste de mise face à ce traitement de désensibilisation, qui demeure encore expérimental, tempèrent les chercheurs. Dans la plupart des cas, les effets indésirables n’ont certes consisté qu’en des démangeaisons locales au niveau de la bouche, mais un volontaire a dû se rendre à l’hôpital suite à une forte poussée d’urticaire, contre laquelle les antihistaminiques n’ont eu aucun effet.

Alors que la désensibilisation n’en est qu’à ses balbutiements, plusieurs équipes tentent de mettre au point des cacahuètes hypoallergéniques (voir le JDLE). Leur intérêt ne se limiterait qu’aux produits dérivés, dont le beurre de cacahuète, très populaire aux Etats-Unis, sans s’étendre aux graines entières. Pour cela, il faudrait recourir à un OGM, solution techniquement peu réaliste, les allergènes étant produits par plusieurs gènes.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus