Allergie au pollen: le poids de la pollution

Le 20 mars 2014 par Romain Loury
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Grâce au RNSA, on peut paramétrer ses alertes pollen.
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RNSA

Les allergies au pollen, dont souffre environ 1 adulte sur 3, sont sous l’influence de la pollution atmosphérique et du réchauffement climatique, et ce de diverses manières, selon un rapport publié jeudi par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Difficile d’y voir clair dans un sujet aussi large que les allergies respiratoires, certes objet de nombreuses études, mais qui ne font pas toute la distinction entre rhinites allergiques et non allergiques, aux symptômes similaires. «La majorité des études s’appuie essentiellement sur des questionnaires, sans tests allergologiques associés, entraînant un fort biais de surestimation», souligne l’Anses.

Premier jour du printemps oblige, l’agence, saisie dans le cadre du deuxième Plan national santé environnement (PNSE 2, 2009-2013), a fait un peu de ménage dans cet amas, livrant notamment des chiffres de prévalence par classe d’âge. Selon elle, les allergies au pollen toucheraient, «au plus», 7% des enfants de 6-7 ans, 2% des enfants de 9-11 ans, 18% des adolescents de 13-14 ans, 31% à 34% des adultes.

«Selon certaines estimations, le nombre de personnes touchées par des pathologies allergiques respiratoires comme les rhinites saisonnières et l’asthme aurait doublé ces 20 dernières années dans les pays industrialisés», avance l’Anses. D’autres travaux ont cependant conclu à «une stabilisation des taux de prévalence de la rhinite allergique dans les pays développés, tandis qu’ils continu[er]aient à progresser dans les pays en développement», ajoute-t-elle.

Sujet particulièrement d’actualité ces derniers jours, la pollution atmosphérique agit sur les allergies au pollen, et ce de diverses manières, ajoute le rapport. Notamment en rendant les individus plus susceptibles au pollen: «les polluants atmosphériques peuvent favoriser la réaction allergique en abaissant le seuil de réactivité bronchique et/ou en accentuant l’irritation des muqueuses nasales ou oculaires. Par exemple, l’ozone altère les muqueuses respiratoires et augmente leur perméabilité, ce qui engendre une réaction allergique à des concentrations de pollen plus faible», explique l’agence.

Les polluants atmosphériques agiraient aussi directement sur le pollen, «par déformation ou par rupture de la paroi du grain», ce qui lui permettrait de pénétrer plus profondément dans les voies respiratoires. Autre voie d’action, la modification, par réaction chimique, du potentiel allergisant du pollen. «Mais à l’heure actuelle, s’il est possible d’affirmer que la pollution atmosphérique augmente le potentiel allergisant des grains de pollens dans certains cas, l’effet inverse a également été observé», tempère l’Anses.

Réchauffement: une pollinisation plus précoce

Autre facteur environnemental agissant sur ces allergies, le réchauffement climatique. «Depuis quelques décennies, la date de début de pollinisation de nombreuses espèces végétales tend à devenir plus précoce, de quelques jours à plus d’une quinzaine de jours, ce qui a pour conséquence d’allonger la durée de la pollinisation en moyenne d’une quinzaine de jours». Un effet observé surtout sur les plantes à floraison précoce (de janvier à juin), généralement des arbres.

Au-delà des changements saisonniers et géographiques –avec la translation d’espèces vers le nord-, le réchauffement pourrait directement agir sur le pollen, de la même manière que les polluants. «Des études expérimentales montrent que l’élévation des températures atmosphériques et de la concentration en CO2 rend certains pollens plus allergisants. Ainsi, il a été observé que la quantité d’allergènes dans les grains de pollen de bouleau et d’ambroisie augmentait avec la température», indique l’Anses.

En termes de prévention, l’agence recommande de mieux gérer le développement des végétaux à risque en ville, notamment en y favorisant la diversification, «afin de réduire les concentrations locales à un pollen en particulier». Tout en poursuivant les efforts d’éradication d’espèces envahissantes, comme l’ambroisie, plante originaire d’Amérique du nord.



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