Allemagne: pause dans la stratégie nucléaire

Le 15 mars 2011 par Gwénaëlle Deboutte
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Suite au tremblement de terre au Japon, l’Allemagne a annoncé un moratoire de trois mois sur le prolongement de la vie de ses centrales nucléaires. Sept réacteurs ont été mis à l’arrêt et dans ce laps de temps, la sécurité de toutes les centrales sera réexaminée selon de nouveaux critères.

 

C’est connu, les Allemands ne manquent jamais une occasion de manifester leur hostilité envers leur énergie d’origine nucléaire. Il était donc logique que les répercutions de la catastrophe japonaise se fassent sentir jusqu’aux fenêtres de la chancelière Angela Merkel. Pressée par l’opposition et des manifestations monstres, elle a dû réagir et annoncer, dès lundi 14 mars, un gel du prolongement de la vie des réacteurs du pays. Décidée fin 2010, cette mesure des plus controversées visait à repousser de 8 à 14 ans l’arrêt des réacteurs nucléaires, soit au-delà de 2040. Et ce, pour assurer une « transition» avant l’avènement des énergies nouvelles et de contrôler les émissions de CO2.

Mais force est de constater aujourd’hui, que « même si notre pays n’est pas confronté aux mêmes risques sismiques et de tsunami que le Japon, cet événement ne peut être ignoré», a ainsi expliqué la chancelière lors d’une conférence de presse. Lors du moratoire de trois mois, une commission d’experts indépendants sera donc chargée de réexaminer la sécurité des 17 réacteurs nucléaires que compte le pays, en tenant compte des enseignements de la catastrophe japonaise, par exemple sur le système de refroidissement. « Il n’y aura, lors de cet examen, aucun tabou. Et une chose est sûre: la situation après ce moratoire sera totalement différente», a-t-elle ajouté. Autre conséquence: 7 réacteurs mis en service avant 1980 seront mis à l’arrêt dans les prochains jours et ce, pendant toute la durée du moratoire. Il s’agit de Biblis A et B (mis en service en 1975 et 1977, dans la Hesse), Neckarwestheim I et Philipsburg I (1976 et 1980, Bade-Wurtemberg), Brunsbüttel (1977, Schleswig-Holstein), Isar I (1979, Bavière) et Unterweser (1979, Basse-Saxe). Ils appartiennent aux 4 géants de l’énergie E.On, EnBW, Vattenfall et RWE, qui ont assuré le gouvernement de leur entière coopération. Il est par ailleurs probable que Neckarwestheim ne redémarre pas à l’issue du moratoire. Si les associations écologistes ont salué cette annonce, elles estiment cependant qu’elle ne va pas assez loin et exigent l’arrêt pur et simple du nucléaire, qui représente aujourd’hui près d’un quart de la production électrique globale, et l’accélération du développement des énergies renouvelables.

Ce gel intervient aussi dans un contexte politique tendu et tombe, pourrait-on dire, à point nommé pour relâcher un peu la pression sur la majorité d’Angela Merkel. En ce mois de mars sont en effet prévus plusieurs scrutins régionaux primordiaux –dont celui du Bade-Wurtemberg, deuxième Land le plus peuplé d’Allemagne– et le programme nucléaire risquait de faire perdre de précieux points à la CDU, déjà fortement fragilisée.



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