Allemagne: les débats sur la sortie du charbon font rage

Le 12 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Pas encore en service, la centrale au charbon de Datteln 4 pourrait être arrêtée.
Pas encore en service, la centrale au charbon de Datteln 4 pourrait être arrêtée.
Uniper

A l’approche des élections régionales en Bavière et en Hesse, où les écologistes sont crédités de 20% des intentions de vote, de nouvelles propositions de fermeture de centrales et de mesures d’accompagnement des régions minières sont annoncées.


A quelques jours des premiers scrutins régionaux en Allemagne, les bons scores (dans les sondages) des Verts pèsent-ils sur les discussions sur l’avenir de la transition énergétique? Pas impossible. Car, à mesure que s’approchent les scrutins de Bavière et du land de Hesse, les propositions visant à réduire les émissions carbonées se font plus nombreuses.

17 pages
Ces dernières heures, la commission sur la sortie du charbon a laissé fuiter une nouvelle note. Longue de 17 pages, celle-ci détaille les compensations dont pourraient bénéficier les régions minières après l’arrêt de la production de charbon et de lignite. Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung se verraient attribuer plus de projets d’infrastructures, de télécommunications et de transport notamment, que les autres.

nouvelles infrastructures
Normal: «Les emplois liés à l’exploitation du lignite sont principalement dans les zones rurales», rappelle le quotidien. Ironie du sort: les 27 villes et comtés regroupés autour des 4 bassins de lignite pourraient voir passer chez eux les lignes de transport d’électricité qui doivent relier les champs éoliens de la mer du Nord aux zones de consommation d’électricité. Des lignes qui pourraient être connectées à des sites de stockage d’électricité installés dans les futures régions sinistrées.

5 à 7 gigawatts
Côté gouvernemental, le ministère fédéral de l’économie, Peter Altmaier, a laissé entendre qu’il pourrait conclure un pacte avec RWE, au terme duquel 5 à 7 gigawatts (GW) de capacités au lignite pourraient être rapidement fermées. Devant être mise à feu en 2020, la centrale au charbon de Datteln 4 (1 GW) pourrait être, elle aussi, sacrifiée. Au grand dam de son propriétaire, Uniper, désormais filiale de l’énergéticien finlandais Fortum.

quotas de production
Quelques heures plus tôt, le ministre de l’économie du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, Andreas Pinkwart, avait suggéré d’octroyer aux centrales à charbon appelées à fermer un quota de production d’électricité, sur le modèle de l’accord conclu il y a quelques années avec les exploitants de centrales nucléaires.

Volkswagen contre RWE
La zizanie commence à lézarder le consensus qui régnait jusqu’alors au sein du patronat. Dans un entretien accordé, toujours au Süddeutsche Zeitung, Herbert Diess, PDG du groupe Volkswagen, n’a pas masqué son agacement de voir certains énergéticiens vouloir maintenir coûte que coûte l’exploitation du lignite. «Alors que les constructeurs automobiles investissent des milliards dans le véhicule électrique, c’est un mystère pour moi que l’on puisse seulement imaginer raser une forêt pour étendre une mine de lignite.» Une attaque en règle contre le projet de l’électricien RWE de raser la forêt de Hambach pour étendre sa mine. Rolf Martin Schmitz, le patron de RWE, a invité son confrère à visiter les chantiers de compensation écologique autour de la mine.

La commission allemande sur la croissance, la réforme structurelle de l’économie de l’emploi doit, en principe, rendre son rapport sur la sortie du charbon d’ici la fin de l’année. Les premières conclusions pourraient être publiées à l’occasion de la COP 24, début décembre.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus