Allemagne, Chine, Californie: une nouvelle alliance climatique?

Le 12 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au G7, la table en herbe n'a pas captivé la délégation US.
Au G7, la table en herbe n'a pas captivé la délégation US.
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Très engagée dans la résistance au détricotage de la politique climatique US, la Californie noue des alliances inédites avec la Chine et l’Allemagne.

 

Depuis son entrée en fonction, Donald Trump rebat les cartes de la diplomatie. Négociations climatiques comprises. Après avoir longuement tergiversé, le président des Etats-Unis a finalement décidé de retirer son pays de l’Accord de Paris. Décision qui pourrait effectivement entrer en application aux premiers jours du mandat de son successeur. Successeur qui pourrait, légalement, faire machine arrière, en quelques jours.

Qu’importe. La communauté internationale n’attendra pas le wagon américain. Aiguillonné par les Etats les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement, les grandes puissances semblent vouloir se partager le leadership climatique mondial. Avec un invité surprise.

G6. C’est une première dans l’histoire du G7. Lundi 12 juin, les ministres de l’environnement des pays membres de ce club des nations les plus riches ont paraphé un communiqué rappelant leur engagement à appliquer l'Accord de Paris. Tous ont signé à l’exception de Scott Pruitt. L’administrateur de l’agence fédérale de l’environnement US (EPA) avait préféré quitter le sommet plutôt que de devoir parler climat avec ses collègues. Devant la presse, le chef de la délégation française, Nicolas Hulot, a confirmé que la France allait renforcer ses efforts: «Nous allons probablement rehausser nos propres objectifs de réduction d'émissions de gaz. En tout cas les accélérer dans le calendrier», a précisé le ministre d’Etat.

La semaine passée, la Chine et la Californie ont ainsi esquissé un pas de danse inédit. Alors que le secrétaire américain à l’énergie était reçu par des responsables chinois subalternes, à l’occasion d’une réunion internationale des ministres en charge de l’énergie, le gouverneur du Golden State s’entretenait, en tête à tête, avec le président chinois.

Xi Jinping avait plusieurs raisons de voir Jerry Brown. Le numéro un californien avait reçu, il y a une quarantaine d’années en Californie, le père de son hôte. Plus sérieusement, la Chine entend profiter de l’expérience californienne en matière de régulation des émissions et d’encadrement d’un système centralisé d’échange de quotas. C’est en principe cette année que Pékin fusionnera en un seul ses 7 marchés régionaux du carbone; fusion qui devrait créer le plus important marché de permis d’émission du monde: deux fois plus important que l’ETS européen! Pas simple.

Les 13 résistants. 13 ministres de la justice et responsables d’agences étatiques de l’environnement ont annoncé leur intention de ne pas alléger la législation sur les émissions de polluants, comme demandé par l’administration fédérale. Dans un communiqué, ils promettent une riposte judiciaire pour le cas où la Maison blanche tenterait de passer outre la possibilité donnée aux Etats fédérés de durcir, localement, les législations fédérales environnementales.

Fervent opposant au détricotage de la politique climatique américaine par l’actuelle administration, Jerry Brown multiplie les pieds de nez à la Maison blanche. Après avoir promis de soutenir les climatologues US qui se verraient couper les crédits par Washington, le gouverneur de Californie aimerait bien lier les marchés ouest-américains (la Western Climate Initiative) au futur marché chinois des gaz à effet de serre. Un peu sur le modèle de ce qu’avaient entrepris, il y a quelques années, l’Union européenne et l’Australie. Plus récemment, le plus riche des Etats fédérés a promis, avec d’autres, d’atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris, initialement aux USA.

L’Europe peine encore à se rapprocher officiellement de la Californie. Mais Berlin n’a pas les pudeurs de Bruxelles. Vendredi 9 juin, au cours d’une visite officielle à San Francisco, la ministre allemande de l’environnement et de la sûreté nucléaire, Barbara Hendricks, a rappelé le savoir-faire allemand en matière d’intégration des énergies renouvelables (et intermittentes) dans le réseau électrique. La Californie prévoit de décarboner totalement son secteur électrique d’ici 2046.

 

 

 



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