Aliments pour animaux: alerte au cadmium

Le 10 février 2006 par Ludivine Hamy
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vaches
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Du cadmium en quantités anormales a été décelé fin décembre 2005 par la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes dans un aliment minéral pour bovins fabriqué en juin 2005.

Selon les résultats des analyses, le cadmium provient de sulfate de zinc importé de Chine, utilisé comme oligo-élément incorporé en faibles quantités dans les aliments du bétail. Il a été importé en France en septembre 2004 par une société des Côtes d'Armor. La quantité de sulfate de zinc suspectée est de 120 tonnes (6 conteneurs de 20 tonnes) du même fournisseur. 68 tonnes ont été commercialisées pour l'alimentation animale auprès de 10 entreprises dans 7 départements de septembre 2004 à juillet 2005, 11 tonnes ont eu une autre destination que l'alimentation (additif dans l'industrie, engrais, etc.) et 41 tonnes n'ont pas été commercialisées et sont actuellement consignées.

Si la présence de cadmium a été détectée en décembre 2005, l'alerte n'a été donnée au niveau communautaire, via le réseau RASFF, que le 27 janvier 2006. Quant au premier communiqué de presse, il n'est apparu que le 9 février. Une lenteur que les autorités françaises expliquent par l'absence de risque pour les consommateurs. «Il n'existe a priori aucun risque pour la population», déclare-t-on à la direction générale de l'alimentation, en s'appuyant sur les premières analyses des lots contaminés qui ont révélé des taux de cadmium en dessous des normes officielles (0,5 ppm (parties par millions) pour le foie et 1 ppm pour le rein). Pour l'heure, le ministère chargé de l'agriculture ne souhaite d'ailleurs pas révéler l'identité des 7 départements concernés «afin de ne pas semer la panique inutilement.» L'expertise de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), saisie par le ministère, devrait permettre de confirmer ou d'infirmer, d'ici quelques jours, ces premiers résultats.

Mesure de précaution oblige, les aliments contenant du cadmium qui sont encore présents dans les entreprises ont été consignés et font actuellement l'objet d'analyses. Quant aux aliments livrés, ils ont été tracés afin de permettre l'identification des élevages concernés. Les services vétérinaires, informés des lieux de livraison, prennent les mesures nécessaires pour retirer de la chaîne alimentaire les parties des animaux susceptibles de contenir du cadmium : le foie et le rein.

Afin de limiter le phénomène, les postes d'inspection frontaliers, points de contrôle sanitaire à l'entrée dans l'Union européenne, ont reçu l'instruction de réaliser des contrôles systématiques des teneurs en cadmium sur tous les lots de sulfate de zinc importés de Chine. Seuls les lots qui présenteront des résultats d'analyses favorables, par des laboratoires agréés, pourront être introduits en France. Par ailleurs, il a été demandé aux professionnels de renforcer leurs autocontrôles sur la présence de cadmium dans le sulfate de zinc de cette origine.

Dans l'organisme, le cadmium se concentre principalement dans le foie et les reins (entre 50% et 70% de la charge totale). Il est également retrouvé dans le pancréas, la glande thyroïde, les testicules et les glandes salivaires. Selon l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), la gastro-entérite avec crampes épigastriques, les vomissements, les diarrhées et les myalgies sont les symptômes observés pour une ingestion de cadmium par voie orale.


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