Aliments OGM: des contaminations pas si rares?

Le 27 mai 2014 par Romain Loury
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Les papayes de Thaïlande, souvent GM
Les papayes de Thaïlande, souvent GM
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Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dont l’association Inf’OGM a eu copie, révèle des contaminations par des OGM assez fréquentes dans certains produits destinés à l’alimentation humaine et animale.

A l’origine du communiqué diffusé ce mardi 27 mai par Inf’OGM, une enquête publiée en novembre 2013 par la DGCCRF, qui faisait état de plusieurs non-conformités dans des produits pourtant étiquetés comme «sans OGM». Mis en appétit par une présentation de résultats pour le moins succincte, Inf’OGM n’avait pas réussi à en obtenir le détail, la DGCCRF arguant du «caractère judiciaire» de l’enquête –les demandes du JDLE n’avaient d’ailleurs pas rencontré plus de succès.

La DGCCRF s’est finalement résolue à transmettre les résultats de l’enquête à Inf’OGM, alors que la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), saisie par l’association, devait trancher deux jours plus tard. Selon les quelques détails supplémentaires révélés, certains produits s’avèrent particulièrement à risque de contamination.

Ainsi les vermicelles produits en Chine: «En 2012, sur 18 lots notifiés en provenance de Chine, 4 n’avaient pas les documents obligatoires et ont été refusés. Parmi les 14 autres lots, deux étaient contaminés et ont été refusés, soit un taux de non-conformités de 33%».

Suite à ces fréquents manquements, les importateurs ont préféré s’orienter vers les produits thaïlandais et vietnamiens. Avec semble-t-il plus de succès: «6 produits en provenance de ces deux pays ont été analysés dans le cadre de l’enquête annuelle sans qu’aucune contamination n’ait été constatée», indique Inf’OGM.

Papayes thaïlandaises

Egalement douteuses, les papayes produites en Thaïlande. Suite à la découverte de papayes GM en Allemagne, la DGCCRF a procédé à ses propres tests : 9 des 13 fruits testés se sont avérés de nature transgénique! «4 autres analyses de papayes en provenance d’autres pays (l’enquête ne donne pas plus de précision) n’ont révélé aucune anomalie. Les autorités thaïlandaises ont depuis ordonné la destruction des plantations incriminées et lancé des mesures de contrôle sur leur territoire», indique Inf’OGM.

Selon l’association, «la DGCCRF constate [dans son enquête] que les opérateurs limitent en général leur exigence en matière d’OGM au caractère non étiquetable des produits (inférieur à 0,9%) et se reposent sur les contrôles de leur fournisseur sans en réaliser eux-mêmes: ‘rares sont les opérateurs qui vérifient l’absence d’OGM non autorisés’, souligne la DGCCRF. Elle rappelle enfin aux professionnels que la ‘présence possible d’OGM ne se limite pas aux maïs, soja et colza’».

Quant à l’alimentation animale, l’augmentation des cultures d’OGM dans le monde peut faire craindre une hausse des contaminations. Menée en 2012, l’enquête de la DGCCRF fait état de 10% de non-conformité due à une présence trop élevée de soja résistant au Round Up, un chiffre similaire à celui de 2011. Ces non-conformités «sont davantage dues à une insuffisance des mesures de prévention des contaminations de la part du professionnel qu’à une volonté délibérée de fraude», juge la DGCCRF, citée par Inf’OGM.



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