Alimentation: quel menu en 2026 dans le monde?

Le 11 juillet 2017 par Marine Jobert
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Le riz, une céréale de plus en plus prisée au Moyen-Orient.
Le riz, une céréale de plus en plus prisée au Moyen-Orient.
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L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publient un rapport consacré aux perspectives agricoles mondiales dans les 10 prochaines années. Autant de céréales. Moins d’agrocarburants. Pas mal de poissons. Beaucoup de produits laitiers.

Du poisson d’élevage. Moins d’huile de palme. Plus de produits laitiers. Le contenu des assiettes du monde en 2026 va connaître des inflexions notables par rapport à la décennie qui vient de s’écouler, estiment l’OCDE et la FAO. Dans un rapport consacré aux ‘perspectives agricoles’ mondiales, les deux institutions internationales tentent d’anticiper l’évolution à 10 ans des marchés des produits agricoles et du poisson aux niveaux national, régional et mondial.

Les émeutes de la faim

C’est que la décennie qui vient de s’achever a été tourmentée. Les subventions aux agrocarburants ont déstabilisé les marchés alimentaires mondiaux et condamné des millions de personnes à la faim. Les océans n’en peuvent plus sous les coups de boutoir de la pêche industrielle. La consommation de viande -et les surfaces agricoles nécessaires pour nourrir le bétail- a augmenté significativement. Et demain?

Consommation de viande stable

La demande alimentaire devrait progresser «moins vite qu’au cours des 10 dernières années», assurent les deux institutions. Consommation stable de céréales par habitant, exception faite d’une hausse dans les pays les moins développés. Pas ou peu de changement pour la consommation de viande, notamment du fait des préférences alimentaires plutôt végétariennes des pays en développement, mais aussi du faible niveau des revenus et des contraintes du côté de l’offre. «Les apports supplémentaires de calories et de protéines devraient venir essentiellement des huiles végétales, du sucre et des produits laitiers, est-il indiqué. Dans l’ensemble, la ‘convergence’ de la consommation vers les régimes alimentaires de type occidental semble limitée.»

Aquaculture en hausse

L’aquaculture a de beaux jours devant elle. D’une part à cause de l’effondrement des stocks halieutiques. Mais aussi à cause de l’immense appétit chinois pour le poisson: entre 2007 et 2016, la consommation de la population chinoise est passée de 30 à 42 kilogrammes par personne (contre 25 kg pour la zone OCDE) et devrait encore croître dans les 10 années qui viennent pour atteindre 50 kg. Mais le scénario pourrait ne pas se répéter dans d’autres parties du monde en développement, à cause d’habitudes alimentaires différentes. A titre d’exemple, si la Chine a absorbé les deux tiers de la viande porcine (40 kg par an et par personne), il est peu probable qu’elle soit imitée à large échelle.

Le lait en poupe

C’est vers les produits laitiers frais que les Indiens se sont massivement tournés ces 10 dernières années, un appétit qui devrait doubler en 20 ans (de 60 kg à 110 kg en 2026). Une tendance inverse de ce que l’on observe dans les pays développés, où la consommation diminue. En Chine et en Afrique subsaharienne, la consommation de produits laitiers frais par habitant se maintiendra à des niveaux beaucoup plus bas. Mais la forte croissance de cette consommation n’aura guère d’impact sur les prix mondiaux, car seule une petite fraction des produits frais est échangée.

La céréale, reine des assiettes

Partout dans le monde, les céréales vont rester une composante importante du régime alimentaire des populations. En Afrique subsaharienne, primauté accordée au blé, au riz et au maïs, alors qu’en Chine et en Inde, la cuisine est dominée par le blé et le riz. L’Asie du Sud-Est se distingue par le niveau particulièrement élevé de la consommation de céréales par habitant, elle-même majoritairement composée de riz, tandis que les pays de l’OCDE continuent de privilégier le blé. Au Proche-Orient, la consommation de riz par habitant devrait augmenter de quelque 6%, principalement sous l’effet de l’immigration asiatique. Au niveau mondial, on consommera à peu près autant de blé que de riz en 2026.

Des données de référence

L’OCDE et la FAO espèrent que ces ‘perspectives agricoles’ seront utiles à la mise en œuvre de l’Accord de Paris et à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, car elles donnent une référence «par rapport à laquelle il est possible d’évaluer les implications de différentes politiques visant à accroître la disponibilité alimentaire de façon durable tout en atténuant les émissions de gaz à effet de serre».

 



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