Alimentation et climat: les faits scientifiques ne suffiront pas

Le 22 juillet 2019 par Romain Loury
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La viande rouge, aliment le plus émetteur de GES
La viande rouge, aliment le plus émetteur de GES
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Comment persuader la population mondiale de manger moins de viande, aussi bien pour le bien de l’environnement que de leur santé? Selon une étude publiée lundi 22 juillet dans Nature Sustainability, les normes sociales s’avèrent bien plus influentes que la connaissance des nuisances réelles.

Consommée de manière croissante à travers le monde, la viande, en particulier la rouge, constitue une nuisance environnementale à de nombreux égards: émissions élevées de gaz à effet de serre, déforestation, usage excessif d’eau. De plus, elle favorise de nombreuses maladies chroniques, dont divers cancers et les maladies cardiovasculaires.

Alors que le besoin d’une révolution alimentaire se fait plus pressant, comment persuader la population de changer effectivement de régime? Dans une  étude publiée lundi 22 juillet, la première à faire le lien entre alimentation, climat et comportement, l’équipe de Michael Obersteiner, de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA, Laxenburg, Autriche), a déterminé par modélisation les moteurs d’une transition alimentaire, s’appuyant pour cela sur des théories fréquemment utilisées dans la recherche en psychologie.

Une nécessaire évolution des normes

Selon leurs résultats, le fait de connaître les risques, sanitaires ou environnementaux, associés à la consommation de viande, n’a que peu d’effet. Les facteurs les plus importants sont l’évolution des normes sociales -plus il y aura de végétariens, plus de personnes auront envie de le devenir- et l’auto-efficacité, à savoir la confiance qu’ont les individus dans leur capacité à accomplir une tâche, en l’occurrence à devenir flexitarien ou végétarien.

«De nombreux scientifiques œuvrant dans le domaine climatique estiment que les croyances et les actions des gens sont surtout le reflet des valeurs en vigueur dans leur groupe social, et non des faits scientifiques.  Nos résultats sont en accord avec cette idée, confirmant que les normes sociales ont plus d’importance que les risques environnementaux et sanitaires réels», concluent les chercheurs.



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