Alimentation: des impacts environnementaux variables

Le 01 juin 2018 par Romain Loury
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L'élevage, un fort impact climatique
L'élevage, un fort impact climatique

En termes d’impact environnemental, tous les aliments ne se valent pas. Y compris au sein d’une même classe d’aliments, où les écarts peuvent être importants, révèle une étude publiée jeudi 31 mai dans la revue Science. Ce qui offre de nouvelles pistes d’action pour verdir l’agroalimentaire.

 

C’est désormais un fait admis: la viande, en particulier celle de bœuf, émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que les cultures végétales. Or à ce jour, la plupart des études n’ont été menées que dans le champ, plus rarement du champ à l’assiette.

C’est à cette difficile analyse de la chaîne agroalimentaire que se sont livrés Joseph Poore, de l’université d’Oxford, et Thomas Nemecek, du centre de compétence suisse Agroscope pour la recherche agronomique à Zurich. Ecumant 1.530 études publiées, leur méta-analyse a porté sur un total de 38.700 exploitations agricoles et 1.600 intermédiaires (transformation, conditionnement, distribution) disséminés dans 119 pays, pour 40 types d’aliments constituant plus de 90% du régime alimentaire mondial.

De forts écarts au sein d’une même filière

Les résultats montrent de très nets écarts entre producteurs d’un même produit, à l’opposé de l’image souvent simplificatrice accolée à chaque type d’aliment. Exemple pour la viande rouge: dans les productions à l’impact environnemental le plus fort, 100 grammes de viande nécessitent l’émission de 105 kg de dioxyde de carbone (CO2) et l’usage de 370 mètres carrés.

Mais pour les productions les plus sobres, cette même viande rouge peut engendrer jusqu’à 12 fois moins de CO2 et accaparer 50 fois moins de terres. Ce qui reste tout de même bien plus élevé que le bilan de la production de pois, de l’ordre de 6 fois pour les émissions et de 36 fois pour l’usage de terres.

Une information méconnue du consommateur

Au-delà de la viande rouge, tous les types de produits présentent le même schéma: les dégâts environnementaux sont très inégalement répartis d’une chaîne de production à l’autre. En moyenne sur les 40 types de produits, 25% des producteurs sont responsables de 53% des impacts environnementaux de la filière, que ce soit en termes de GES, d’usage des sols et de l’eau, d’eutrophisation ou d’acidification des eaux.

«Deux produits qui semblent identiques dans un magasin peuvent avoir des impacts très différents sur l’environnement. Le consommateur n’a actuellement aucun moyen d’avoir cette information quand il fait ses courses. De plus, cette variabilité n’est pas prise en compte dans les politiques visant à réduire l’impact agricole», constate Joseph Poore.

Omnivorisme éclairé?

Selon les chercheurs, la meilleure manière de verdir l’alimentation serait de se détourner des protéines animales, ce qui permettrait de réduire de 49% les émissions de GES alimentaires et de 76% l’usage des sols pour l’agriculture.

Autre possibilité, réduire de moitié sa consommation de protéines animales, en remplaçant les aliments les plus polluants de chaque filière par des produits végétaux: pour les GES, les bénéfices obtenus équivaudraient à 73% de ceux atteints avec le végétarisme universel.

Pour Joseph Poore, la solution réside dans un étiquetage des produits pour l’information des consommateurs, ainsi que dans un système de taxes et de subventions sur les produits alimentaires, selon leur impact environnemental. Une idée creusée par des chercheurs britanniques, selon qui une telle taxe aurait des effets bénéfiques sur les émissions comme sur la santé humaine.



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