Algues vertes: une note préfectorale dénonce le rôle de l’agriculture

Le 22 octobre 2009 par Victor Roux-Goeken
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La diminution du phénomène des marées vertes en Bretagne «ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession n’est pas prête à accepter pour le moment», écrit le préfet des Côtes d’Armor, Jean-Louis Fargeas, dans une note «confidentielle» datée du 4 septembre adressée au Premier ministre, au ministre de l’intérieur et à la secrétaire d’Etat à l’écologie.

Cette note révélée par les quotidiens Le Télégramme et Ouest-France mardi 20 octobre précise qu’«il s’agit de révolutionner les pratiques agricoles sur ces secteurs, qui représentent 2.190 exploitations (soit 25% des exploitations agricoles des Côtes d’Armor), et de changer complètement le modèle économique existant. Cette évolution n’est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer.»

Elle recommande notamment, pour «limiter fortement les marées vertes» sur un bassin versant des Côtes d’Armor, «l’arrêt total de l’agriculture sur le bassin versant avec conversion totale des terres en prairies fauchées mais non fertilisées».

La publication de cette note, qui intervient alors qu’une mission interministérielle sur la prolifération des algues vertes est en cours et devra remettra ses conclusions à François Fillon en décembre, a provoqué un tollé chez les agriculteurs bretons.

«Si l'Etat écrit de telles choses, qu'il vienne sur le terrain dire aux agriculteurs de partir!», a déclaré à l’AFP Jacques Jaouen, président de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Du côté des associations environnementales, Eau et rivières de Bretagne a salué la note de la préfecture, tout en la jugeant tardive, selon l’AFP. France nature environnement confirme la nécessité d’une révolution des pratiques agricoles: «Au-delà de la stigmatisation d’une profession en particulier, c’est bien l’ensemble du modèle économique et social qu’il faudra revoir en profondeur pour réussir à réduire d’au moins 40% les effluents arrivant à la mer d’ici 2012, engagement pris par l’ensemble des parties prenantes, y compris les organisations professionnelles agricoles, lors du Grenelle de la Mer.»

La fédération d’associations environnementales estime qu’il est «réducteur de focaliser uniquement sur la contribution de l’agriculture, minimisant de fait celle liée à la fréquentation touristique et aux pratiques de certaines collectivités et de certains habitants (assainissement, produits lessiviels et effluents organiques) ou celle de l’industrie».


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