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Algues vertes: le gouvernement présente un plan d’action sur 5 ans

Le 04 février 2010 par Victor Roux-Goeken
Un plan d’action de lutte contre les algues vertes pour la période 2010-2014 a été présenté hier 3 février en Conseil des ministres par la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno et le ministre de la pêche Bruno Le Maire. Son coût est estimé à 134 millions d’euros.

«Ce plan répond à un engagement pris par le Premier ministre lors de son déplacement à Saint-Michel-en-Grève [Côtes-d’Armor] le 20 août dernier» à la suite de la mort d’un cheval et du malaise de son cavalier fin juillet (1), rappelle l’Elysée dans un communiqué.

Les 23 bassins versants des 8 baies touchées par le phénomène des marées vertes, identifiées dans le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) du bassin versant Loire-Bretagne, sont concernés.

Il s’agit d’abord d’améliorer le ramassage et le traitement des algues, pour supprimer tout risque sanitaire et réduire les nuisances. Le plan vise aussi à la réduction des flux de nitrates de toutes origines vers les côtes en préservant ou réhabilitant les zones naturelles, ainsi qu’en modifiant les pratiques agricoles dans les bassins versants concernés. «Une traçabilité des flux d’azote sera également mise en place ainsi qu’un renforcement des contrôles».
Le gouvernement souhaite aussi améliorer les connaissances sur le phénomène de prolifération des algues vertes et sur les moyens de leur valorisation.

Le plan sera mis en œuvre par un comité de pilotage présidé par le préfet de la région Bretagne, en association avec l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, l’Ademe et les acteurs concernés.

«L’annonce de ce plan intervient alors que la Commission européenne vient d’engager une nouvelle procédure contentieuse contre la France en matière de lutte contre les nitrates», le 20 novembre dernier (2), rappelle l’association Eau et rivières de Bretagne dans un communiqué du 2 février.
Le 1er décembre, l’Etat a également été condamné par la cour administrative d'appel de Nantes à verser 15.000 euros d’indemnités à cette même association, ainsi que 3.000 euros à trois autres associations pour sa responsabilité dans la prolifération des algues vertes en Bretagne (3).

Pour le Réseau environnement & droit, le plan d’action de l’Etat, «plus curatif que préventif», prouve que celui-ci n’a pas «tiré toutes les conséquences de ces décisions de justice».

(1) Dans le JDLE «Les algues vertes: un problème de santé publique»µ
(2) Dans le JDLE «Eaux résiduaires: la France devant la CJCE»
(3) Dans le JDLE «Algues vertes: condamnation plus sévère pour l’Etat en appel»

2 réactions

Bonvalot François | 12/02/2010 - 09H26

comité de pilotage peu crédible ! Bonjour, l'Agence de l'Eau Loire Bretagne et l'ADEME sont les établissements publics qui ont financé les dispositifs de traitement des déjections animales dans les élevages ... qui ont démontré leur inefficacité par la persistance des marées vertes. Il est curieux de constater que ce sont les mêmes qui vont encore être sollicités pour trouver d'autres solutions ! protection, cooptation, nepotisme, voire coruption, etc.... vous avez dit "mafia " ?

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claude duport | 06/02/2010 - 11H44

Principe du pollueur payeur? Comme toujours avec le lobby de l'agriculture intensive c'est la contribuable qui subir les conséquences de la correction des effets des pollutions de l'élevage intensif. Le plan en question, certe nécessaire en l'état des choses pour prévenir d'inévitables accidents devrait être financé par ceux qui sont à l'origine du désastre. Par contre il faudrait peut être se rapprocher des chercheurs espagnols qui essais de fabriquer du "pétrole vert" à partir de culture d'algues. Les excés de production de lisiers pouraient peut être trouver un débouché interressant: des fermes de production d'algues couplées avec des usines de production d'énergie.

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