Algues vertes: 45 millions débloqués

Le 18 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Selon une dépêche des Echos publiée aujourd’hui 18 avril, une première enveloppe de 45 millions d’euros a été proposée par le Comité régional de suivi pour l’élimination des algues vertes en baie de Saint-Brieuc et sur le site de la Lieue de Grève (Côtes d’Armor). Constitué il y a un peu plus d’un an, le Comité propose de leur attribuer respectivement 35 millions et 10 millions.

A l’origine, le projet proposait pour la Lieue de Grève le passage généralisé en système herbager pour les agriculteurs.

Pour la baie de Saint-Brieuc, l’engagement s’appuie sur trois volets. Une diminution des rejets azotés dans la baie notamment grâce à la méthanisation des effluents organiques, la réduction des fuites d’azote et enfin des actions complémentaires pour augmenter les capacités naturelles épuratrices de la baie.
 
Les objectifs de diminution des concentrations en nitrates avaient été fixés à 13 milligrammes par litre en baie de Saint-Brieuc et à 8 milligrammes par litre pour la baie de la Lieue de Grève.
 
Le comité scientifique avait estimé en février 2011 que «ces deux projets propos[aient] des actions dont l’ambition globale risqu[ait] d’être insuffisante pour réduire de manière suffisamment drastique les pertes d’azote nitrique vers les eaux et in fine obtenir des résultats tangibles sur la réduction des marées vertes et la biomasse venant s’échouer sur les zones côtières».
 
Dans cet avis publié le 7 février dernier, le comité regrettait «que les deux projets ne mettent pas suffisamment la priorité sur des pratiques diminuant massivement les apports d'azote sur les terres: diminution massive des excédents d’azote et usage parcimonieux et ad hoc des engrais minéraux, très forte réduction des achats d’aliments (au moins pour les ruminants), meilleure utilisation des déjections, installations permettant l'élimination de l'azote (dénitrification) ou son exportation hors zone (séparation de phase, séchage, compostage...), voire réduction du cheptel si besoin. Des actions novatrices sont toutefois proposées dans le cas de la Lieue de Grève et elles doivent être encouragées».
 
Le Comité scientifique estimait également que «l’hypothèse de base de concentration en nitrates pour permettre l'éradication des marées vertes indiquée par les deux projets qui affichent un objectif ultime de 10 mg/l de nitrates dans les tributaires risque de s’avérer insuffisante. Nous rappellerons que les travaux de l'Ifremer indiquent depuis 20 ans que dans une baie confinée, la marée verte s'installe vraisemblablement dès qu'on dépasse 5 mg/l de nitrates dans les tributaires et atteint son maximum dès qu'on a atteint 15 à 20 mg/l de nitrates. Or ces deux projets considèrent que le problème des marées vertes aura disparu dès qu'on aura atteint 10 mg/l de nitrates (NO3) dans les tributaires, ce qui ne sera vraisemblablement pas le cas».
 
Enfin, pendant la polémique sur l’affichage publicitaire de France nature environnement (FNE), le Comité scientifique concluait son rapport en soulignant que le projet de la Lieue de Grève (baie de Lannion) était le plus abouti, mais «qu’il ne constitu[ait] qu’une première étape dans la démarche pouvant mener à des réductions importantes des flux d’azote».
 
Article précédent : http://www.journaldelenvironnement.net/article/algues-vertes-l-etat-doit-revoir-sa-copie-eelv,21822


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