Algues sargasses: Nicolas Hulot instaure le ramassage en 48 heures chrono

Le 12 juin 2018 par Stéphanie Senet
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Nouveau record d'échouage attendu cette année
Nouveau record d'échouage attendu cette année

Alors que les échouages massifs d’algues sargasses ont repris depuis février sur le littoral antillais, à un niveau inquiétant, le ministre de la transition écologique a annoncé, ce 12 juin, un plan doté de 8 à 10 millions d’euros pour financer leur ramassage.

 

En Guadeloupe, les communes littorales se sont engagées dans une course contre la montre. Pour limiter les risques sanitaires liés aux émanations de sulfure d’hydrogène (H2S) et d’ammoniac (NH3) des algues brunes en décomposition, un ramassage «le plus vite possible» est recommandé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Ces gaz peuvent en effet provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires. L’objectif lancé par le ministère de la transition écologique est d’opérer un ramassage 48 h après les échouages «dès la prochaine saison».

 

Une exception bientôt habituelle?

Apparues aux Antilles pour la première fois en 2011, les algues sargasses ont connu une saison record en 2014-2015. 2018 pourrait s’annoncer pire encore. «Le phénomène n’a jamais été aussi important que cette année», a indiqué la ministre des Outre-mer, en visite en Guadeloupe et en Martinique aux côtés de Nicolas Hulot depuis le 10 juin. «Nous sommes face à un phénomène exceptionnel par son ampleur, mais qui pourra être amené à se répéter avec le changement climatique», a ajouté le ministre de la transition écologique.

 

8 à 10 M€ pour 2018 et 2019

Selon le communiqué des deux ministères, «un plan de 8 à 10 M€ sur 2018-2019 va financer les investissements et les opérations de ramassage des collectivités concernées en Guadeloupe, dans les îles du Nord, en Martinique et en Guyane». Cette enveloppe sera prise en charge par l’Etat à hauteur de 50%, le reste provenant de financements européens et des collectivités locales. Elle s’ajoute au fonds d’urgence de 3 M€ annoncé mi-mai, qui vient d’être rallongé de 3 M€, pour financer l’achat de matériel de déblayage, jusqu’en septembre, dans les communes touchées.

 

Système d’alerte

Le ramassage côtier n’apportant qu’une réponse partielle aux risques sanitaires posés par les algues brunes, le suivi précis des échouages doit être mis en place. Le ministère de la transition écologique annonce l’installation, en Guadeloupe, de 22 capteurs mesurant les dégagements d’hydrogène sulfuré et d’ammoniac, avec diffusion des mesures en direct sur un site internet public. Le réseau actuel de surveillance satellitaire est par ailleurs doté de 300.000 € supplémentaires.

Aucune mesure n’a en revanche été annoncée pour l’indemnisation des particuliers et des entreprises dont les appareils électroniques tombent en panne à cause de l’hydrogène sulfuré, ni pour les pêcheurs qui sont bloqués au port par les amas d’algues brunes.

 

Bio-plastique et charbons actifs

La valorisation des sargasses représente le dernier enjeu. Pour la favoriser, une étude menée à partir de juillet par l’université Antilles Guyane s’intéressera à la composition précise de ces algues brunes. Pour l’heure, c’est l’inconnue. Un appel à projets de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) va explorer quelques pistes comme la production de bio-plastique et de charbons actifs. L’épandage sur les cultures est quant à lui exclu. L’Anses, qui a détecté de fortes concentrations en métaux lourds (cadmium et arsenic), a déconseillé toute utilisation dans la chaîne alimentaire humaine ou animale.

 



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