Algues sargasses: de nouveaux échouages massifs aux Antilles

Le 14 mai 2018 par Stéphanie Senet
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Vue aérienne d'un échouage d'algues sargasses en Martinique
Vue aérienne d'un échouage d'algues sargasses en Martinique

Alors que les échouages de micro-algues brunes sur le littoral antillais et guyanais doivent atteindre de nouveaux records cette année, les autorités locales mettent en œuvre des solutions de ramassage pour éviter une catastrophe sanitaire et écologique.

La saison 2018 s’annonce mauvaise. Alors que les échouages massifs d’algues sargasses sont apparus en 2011, ils redémarrent depuis fin février à un rythme tel qu’ils devraient dépasser le record atteint en 2014-2015, selon le ministère de la transition écologique. Un essor qui serait dû à l’expansion des nutriments telluriques issus de la déforestation et de la surexploitation des bassins des grands fleuves équatoriaux ainsi qu’à la hausse des températures des eaux suite au réchauffement, selon les premiers résultats des campagnes en mer effectuées en 2017 sous l’égide de l’Institut de Recherche et Développement (IRD).

 

Des risques pour la santé et la biodiversité

Ces échouages comportent des risques sanitaires importants à cause des émanations de sulfure d’hydrogène (H2S) liées à leur décomposition. Dans un avis publié en mars 2016 et complété en mars 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a recommandé de ramasser les algues échouées le plus vite possible et de protéger les travailleurs en charge de leur récupération, leur transport et leur traitement. Elle a aussi préconisé de surveiller leur teneur en métaux lourds, notamment l’arsenic et le cadmium, et d’interdire leur utilisation pour l’alimentation humaine et animale.

Ces algues présentent aussi des risques pour la biodiversité, en perturbant les écosystèmes, et des témoignages font état de dépôts de suie sur les bâtiments et de dysfonctionnements des matériels électroniques à cause de l’oxydation des métaux. Elles ont enfin des conséquences économiques en bloquant notamment l’activité des bateaux de pêche.

 

Un plan national de lutte

Pour l’heure, le préfet de Martinique Franck Robine a annoncé la nomination d’un responsable chargé de rédiger un plan national de lutte contre les sargasses, qui se déclinera au niveau de chaque territoire par un Plan d’urgence local sargasses (Pulsar). Les enveloppes allouées par l’Etat ont aussi être rallongées. Elles atteignent désormais 3 millions d’euros pour la Martinique et 1,5 M€ pour la Guadeloupe, où les autorités réfléchissent à une solution de ramassage en mer.

 

Ramassage en mer

Le conseil départemental envisage d’envoyer, d’ici fin mai, un bateau de dragage de fond pour aspirer les algues avant qu’elles n’arrivent sur les côtes. Elles seraient ensuite broyées et rejetées en mer par 400 mètres de fond, selon sa présidente Josette Borel-Lincertin. Mais l’efficacité de la dispersion tout comme ses impacts écologiques restent incertains. En attendant, des solutions de fortune sont mises au point. Selon le quotidien France Antilles, une entreprise a imaginé d’accrocher un sommier métallique à un lampadaire tombé après le cyclone Maria pour réaliser un râteau géant à Terre-de-Bas (Guadeloupe).



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