Les algues de rive recensées en Bretagne

Le 11 mars 2020 par Stéphanie Senet
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Trois espèces passées à la loupe, dont Chondrus crispus
Trois espèces passées à la loupe, dont Chondrus crispus

Alors que la France est le deuxième fournisseur d’algues en Europe après la Norvège, 90% de sa production provient de la Bretagne. Une région qui vient de recenser les populations d’algues de l’estran.

Utilisées dans les produits agroalimentaires, phytosanitaires, cosmétiques et pharmaceutiques, les algues sont de plus en plus convoitées. Sur l’estran, entre 4.000 et 6.000 tonnes d’algues ont été prélevées en 2018 en Bretagne, selon l’étude réalisée dans le cadre du programme Biomasse Algues 2016-2019 du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne (CRPMEM). L’essentiel d’entre elles proviennent du Finistère et des Côtes d’Armor.

Première évaluation

Inquiet de la durabilité de la filière, le Comité a donc planché sur une cartographie et une évaluation des populations. «Alors que les prélèvements d’algues en mer remontent au début des années 1980, les récoltes à pied sur l’estran ont débuté dans les années 2000. Ce sont donc les premières données scientifiques dont nous disposons à l’échelle de la région», explique Jehan Prudhomme, chargée de mission au CRPMEM.

3 espèces principales

Résultat: pour les trois espèces les plus prélevées -Palmaria palmata, Chondrus crispus et Ascophyllum nodosum-, la gestion actuelle permet leur régénération, selon l’étude. Autrement dit, les pertes liées à la récolte sont compensées. Des protocoles de suivi spécifiques ont d’ailleurs été mis en place. A une nuance près. «Palmaria palmata s’avère la plus fragile. Une forte tempête hivernale peut remettre en cause une récolte (autorisée du 1er avril au 31 décembre ndlr)», note Jehan Prudhomme. Même si leur croissance est favorisée pendant l’été car les spécimens sont alors plus petits (inférieurs à 25 centimètres). 

Projet de statut

Depuis 2018, la pêche à pied des algues est soumise à l’obtention d’une licence délivrée par le Comité régional des pêches de Bretagne. 74 de ces permis ont été attribués en 2018. Ces nouvelles données ont permis à l’organisme de préciser les conditions de cette activité dans un projet de statut en cours d’examen par le ministère en charge de la pêche.