Alerte toxique dans les bacs à jouets

Le 13 février 2018 par Marine Jobert
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Alerte toxique dans les bacs à jouets.
Alerte toxique dans les bacs à jouets.

Un jouet sur 5 contrôlés par l’agence européenne des produits chimiques (Echa) contient des phtalates dont l’usage est très restreint. De l’amiante, du cadmium et des métaux lourds ont également été détectés dans des objets de consommation courante vendus en Europe, dont la provenance n’a pu être établie dans 40% des cas.

Amiante, phtalates, cadmium, mercure, nickel, métaux lourds, hydrocarbures aromatiques polycycliques… A l’occasion d’une des plus grosses opérations d’analyses toxicologiques menée par l’Echa sur des objets du quotidien vendus en Europe (intitulée Reach-in-Force, dont c’était la 4e édition), les inspecteurs ont découvert la présence d’un nombre inquiétant de substances pourtant strictement encadrées, et parfois interdites, dans le cadre du règlement Reach.

Reprotoxiques et PE

Les plus courantes: des phtalates (DEHP, DBP et BBP) dans près de 20% des jouets contrôlés, à des concentrations supérieures à celles autorisées. Car bien que reprotoxiques et inclus récemment sur la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) du règlement Reach en raison de leur caractère perturbateur endocrinien, ces plastifiants restent autorisés s’ils ne dépassent pas 0,1% du poids de l’objet considéré. Ce constat est d’autant plus inquiétant, souligne l’Echa, que ces restrictions sont en place depuis plusieurs années maintenant.

17 substances faisant l’objet d’une restriction recherchées (sur 67). 5.625 produits analysés. 29 pays impliqués. Sur 1.471 produits analysés par la France, 514 n’étaient pas conformes, dont 40,5% à cause d’une présence trop élevée de nickel et de plomb dans des bijoux.

 

De l’amiante, 20 ans après son interdiction dans l’UE

Autres sources d’inquiétude: la présence de cadmium dans des bracelets brésiliens (14,1% des contrôles) et même d’amiante dans 29 des 213 objets examinés (13,6%), qui proviennent probablement d’un marché d’occasion et pourraient avoir été fabriqués avant l’interdiction de l’amiante en Europe. Du chrome hexavalent a également été détecté à des concentrations supérieures aux normes autorisées pour 13,3% des articles en cuir testés, ainsi que du nickel dans 11,1% des habits passés au crible, sans oublier des hydrocarbures aromatiques polycycliques dans 7,9% des cas. Tous les métaux lourds qui figurent sur la liste des substances extrêmement préoccupantes (nickel, cadmium et plomb) ont été détectés dans les bijoux examinés.

40% de provenances non identifiées

Si c’est de Chine que proviennent le nombre le plus élevé d’objets ne respectant pas la réglementation (17% des produits inspectés n’étaient pas conformes), l’agence attire l’attention sur le fait que près de 39% des objets hors des clous ont été produits dans des pays qu’il n’a pas été possible d’identifier. Un indice qui devrait guider les organismes nationaux chargés de réaliser des analyses, comme la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en France.

Responsabiliser les metteurs sur le marché

«Etant donné que le non-respect des restrictions édictées par Reach ne peut pas être établi par une simple observation des produits, la seule solution pour que les normes soient mieux respectées est de pousser et d’améliorer la responsabilité des entreprises dans la chaîne d’approvisionnement, recommande l’Echa. Elles ont besoin d’informations sur la composition chimique des produits qu’elles achètent à leurs fournisseurs et ont besoin d’être tenues par de tels accords d’approvisionnement qu’il ne soit plus rentable de vendre des produits non conformes.» Il n’y pas de place pour des «cavaliers seuls», conclut l’agence.

 



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