Alerte sur les graines du monde

Le 06 décembre 2017 par Marine Jobert
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La diversité végétale en péril.
La diversité végétale en péril.
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Les espèces végétales sauvages, essentielles pour entretenir la diversité génétique des cultures agricoles, leur permettre de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau mondial, sont en déclin, alerte l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans la dernière mise à jour de sa liste rouge. En cause: l’agriculture intensive, le déboisement et l’urbanisation.

Même au Bhoutan, le pays qui a préconisé le Bonheur national brut, les végétaux se meurent. 99% des 125 plantes endémiques de cette monarchie constitutionnelle viennent d’être inscrits sur la liste rouge des espèces menacées que l’UICN tient à jour. En cause: la destruction et la dégradation des habitats (dues principalement à l’urbanisation croissante et à la mise en place d’infrastructures), ainsi que de la cueillette non durable, qui menacent gravement un quart de ces espèces. Parmi elles, deux orchidées (Oreorchis sanguinea et Cheirostylis sherriffii), menacées par l’élargissement des routes et les changements dans l’utilisation des sols, et Neopicrorhiza minima classée ‘en danger’, une plante utilisée localement par la médecine traditionnelle pour soigner les rhumes et des affections mineures, menacée par une cueillette non durable.

Ca va mal pour le Possum, un marsupial australien décimé par la sécheresse, l’urbanisation et la prédation, dont des tentatives de réinstallation n’ont pas permis d’enrayer le déclin. Il est classé ‘en danger critique’. Les populations de Dauphin de l’Irrawaddy et de Marsouin aptère, en Asie, continuent de s’effondrer. Et les espèces envahissantes -comme l’urbanisation et l’agriculture intensive- sont des fléaux pour un tiers des 46 reptiles endémiques du Japon.
Le Kiwi d’Okarito et le Kiwi de Mantell sauvent leurs plumes et repassent dans la catégorie ‘vulnérable’, grâce à la lutte menée contre leurs prédateurs (chats sauvages, hermines), et la collecte et l’incubation des œufs pour les relâcher ensuite dans la nature. Mais beaucoup d’oiseaux endémiques en Nouvelle-Zélande sont sur le déclin, tempère l’UICN.

Usage généralisé des herbicides

A l’échelle mondiale, l’organisation attire l’attention sur le mauvais état dans lequel se trouvent les espèces végétales sauvages. «[Apparentées] aux espèces cultivées, elles entretiennent la diversité génétique des cultures agricoles, leur permettant ainsi de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau mondial, explique Inger Andersen, directrice générale de l’UICN. 26 espèces de blé sauvage, 25 espèces de riz sauvage et 44 espèces d’igname sauvage, dont certaines évaluées pour la première fois, ont rejoint la liste rouge. Trois espèces de riz sauvage, deux espèces de blé sauvage et 17 espèces d’igname sauvage sont considérées comme ‘menacées’. Le déboisement et l’urbanisation croissante, associés à une agriculture intensive, avec notamment le surpâturage et l’usage généralisé d’herbicides, représentent les principales menaces pour ces espèces, précise l’UICN. 

A nos risques et périls

L’enjeu est de taille: «La diversité génétique issue des espèces sauvages apparentées nous permettra de mettre au point des cultures plus résilientes vis-à-vis du changement climatique, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire au niveau mondial. Si nous ignorons le sort de ces espèces, c’est à nos risques et périls», explique Nigel Maxted, coprésident du Groupe de spécialistes des espèces sauvages apparentées de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN.

 



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