Alerte mondiale à la tuberculose multi résistante

Le 07 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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La Traviata aussi a succombé à la tuberculose
La Traviata aussi a succombé à la tuberculose

La multiplication des cas de tuberculose résistante aux antibiotiques dans le monde requiert davantage de dépistage et le développement plus rapide de nouvelles thérapies pour freiner l'épidémie, ont jugé mercredi 6 juin des infectiologues américains citant une nouvelle étude.

Cet appel d'experts de la faculté de médecine de l'université Johns Hopkins (Maryland, est) se fonde sur les résultats d'une enquête montrant que les cas de tuberculose résistante et donc difficile à traiter sont beaucoup plus répandus qu'estimé précédemment parmi les quelque 8,8 millions de personnes infectées chaque année sur la planète.

Les résultats détaillés de cette enquête, publiée le 7 juin dans la revue américaine New England Journal of Medicine, donnent notamment une nouvelle estimation de l'ampleur du problème en Chine où on compte plus d'un million de nouvelles contaminations annuellement.

L’enquête effectuée en 2007 indiquait seulement 4.000 nouvelles infections par an diagnostiquées dans ce pays. Elle précisait que, parmi les personnes récemment traitées pour la tuberculose, 1 sur 10 était contaminée par une souche résistante de la bactérie.

La tuberculose se transmet quand des personnes non contaminées inhalent un petit nombre de bactéries appelée Mycobacterium tuberculosis, projetées dans l'air par celles qui sont atteintes de la maladie infectieuse.

Des antibiotiques peuvent guérir l'infection mais le traitement est généralement long et ne tolère aucune interruption. Ainsi les résultats du traitement restent incertains dans les pays en développement où la disponibilité des antibiotiques est limitée.

Dans un éditorial accompagnant cette étude, Richard Chaisson et Eric Nuermberger, spécialistes des maladies infectieuses à la faculté de médecine Johns Hopkins, qualifient d'énorme défi la prolifération de bacilles de Koch résistants aux traitements dans la lutte pour l'éradication de cette infection qui fait 1,5 million de morts par an, surtout dans les pays en développement. 40% des nouveaux cas se trouvent en Asie du Sud-est et 26% en Afrique subsaharienne. La tuberculose est la deuxième cause infectieuse de mortalité après le VIH.

Selon Richard Chaisson, le plus préoccupant dans les conclusions de l’étude chinoise est le fait que la majorité des quelque 110.000 cas de tuberculose résistante aux traitements se sont pour la plupart produits parmi les personnes nouvellement infectées. Ceci montre que ces bactéries résistantes se sont transmises par voie aérienne.

Cette révélation remet en question l'hypothèse qui prévalait jusqu'alors selon laquelle la résistance des bactéries aux antituberculeux se produisait surtout parmi les sujets qui ne répondaient pas aux traitements ou avaient rechuté après avoir fini leur thérapie.

En résumé, écrit Richard Chaisson, la résistance aux antibiotiques paraît présente dans les nouveaux cas et ce à grande échelle, ce qui nécessite de ne pas limiter le dépistage aux malades ayant déjà eu un traitement contre l'infection mais de l’étendre à tous.

Dans l'étude, seuls 3% des nouveaux cas ont été testés pour des souches de bactérie résistantes.

En France, le nombre de cas de tuberculose déclarés s’élevait à 5.187 en 2010. L’Ile-de-France, la Guyane, les grandes villes et certains groupes de population sont plus touchés. Ainsi l’Ile-de-France compte 37% des cas déclarés sur le territoire. Une cinquantaine de cas multi résistants aux antibiotiques ont été recensés en France la même année.

L’Institut national de veille sanitaire (InVS) note que la fréquence de la multi résistance passe de 9 à 1% selon qu’elle est mesurée dans une population ayant ou non reçu un traitement antituberculeux. Mais l’InVS note néanmoins «une légère augmentation de la résistance primaire à l’isoniazide (INH),- un antituberculeux de première ligne -passant de 3,6% en 1995 à 5,4% en 2010». Avant d’ajouter: «La signification de cette croissance est à l’étude».

En l’absence de traitement antibiotique, la mortalité de la tuberculose pulmonaire est de 50%. Un patient tuberculeux porteur d’une souche devenue résistante (MDR pour multidrug-resistant tubercolisis) peut contaminer son entourage qui risque alors développer une tuberculose à bacilles résistants d’emblée.
 

 



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