Alerte à la papaye thaïe génétiquement modifiée

Le 16 juillet 2014 par Romain Loury
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La Thaïlande a du mal à se défaire des papayes GM
La Thaïlande a du mal à se défaire des papayes GM
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L’Europe n’a pas fini de voir des papayes GM thaïlandaises: le système de contrôle de ce pays présente encore de nombreuses failles, révèle un audit réalisé début février par l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) et rendu public début juillet.

Depuis avril 2012, le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) ne contient pas moins de 38 alertes relatives à la détection de papayes GM thaïlandaises, non déclarées comme telles à l’entrée de l’UE. Après un début d’année sans cas déclaré, l’Allemagne vient de bloquer deux cargaisons coup sur coup, le 20 juin et le 3 juillet [1].

Pourtant, la papaye GM n’est pas plus autorisée à la production en Thaïlande qu’elle ne l’est à l’importation en Europe. La variété en question est résistante au virus PRSV (Papaya Ringspot Virus), maladie fréquente en Thaïlande et contre laquelle les producteurs ont peu d’autres moyens que d’abattre l’arbre. Voire d’abandonner le terrain si la maladie ne peut plus être enrayée.

Malgré les interdictions, la tentation est donc grande de recourir à ces graines GM. Les autorités thaïlandaises affirment ne pas en connaître l’origine, ou plutôt la manière dont cette création de Monsanto est arrivée chez les producteurs d’un pays qui interdit ce produit. Le problème est loin d’être marginal: 5,6% des échantillons testés en 2013 dans le pays étaient GM, et même 10% en 2012.

L’OAV peu enthousiasmé par son voyage

Lors d’un audit réalisé dans le pays en février, l’OAV a constaté plusieurs failles dans les contrôles, ce qui explique la fréquente détection de ces fruits GM à l’entrée dans l’UE. Objectif de son expédition, vérifier l’efficacité du dispositif de surveillance mis en place par les autorités thaïlandaises, suite aux premières alertes RASFF de 2012. Publié début juillet, le bilan de l’OAV s’avère mitigé.

«Le système repose sur des certificats d’exportation obligatoires, la papaye destinée à l’exportation vers l’UE devant être analysée pour la présence d’OGM. Le ministère de l’agriculture ne vérifie cependant pas si l’échantillonnage est représentatif», constate l’OAV.

Du côté des producteurs, «la certification des producteurs de papaye selon les GAP [Good Agricultural Practices] est encouragée et comprend des analyses systématiques de recherche des OGM. Toutefois, la certification GAP n’est pas actuellement obligatoire et un certain nombre de producteurs de papaye pour l’exportation vers l’UE ne sont pas certifiés», ajoute l’office.

«Bien que les mesures de contrôle permettent de veiller à ce que la papaye exportée vers l’UE ne soit pas GM, le système mis en place nécessite plus de temps pour être opérationnel. Au moment de l’audit, il était trop tôt pour conclure quant à son efficacité», conclut l’OAV. Avec les deux cas récemment détectés en Allemagne, on connaît désormais la réponse.

[1] Celle découverte le 20 juin était même imprégnée de méthomyl, un insecticide interdit en Europe.



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