Alain Juppé esquisse son programme environnemental

Le 09 novembre 2016 par Romain Loury
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Alain Juppé
Alain Juppé

A l’occasion de l’ouverture de la COP22, Alain Juppé dévoile quelques lignes de son programme environnemental, dans une tribune publiée mardi 8 novembre sur son site. Un avant-goût d’une publication plus détaillée en décembre, en cas de victoire à la primaire de la droite et du centre.

Favori des sondages parmi les sept candidats, Alain Juppé l’assure: «cet enjeu présent et futur  [l’environnement] est véritablement au cœur de mon projet présidentiel». Dans cette tribune au ton très général, le candidat, brièvement ministre de l’écologie (du 18 mai au 18 juin 2007) au début du quinquennat Sarkozy, estime que le sujet n’est «ni à gauche ni à droite».

«Pour parvenir à la croissance durable, sobre, circulaire et inclusive que j’appelle de mes vœux, il faudra que l’environnement irrigue l’ensemble des politiques: investissement et innovation dans les technologies vertes, transformation de nos moyens de transport en des mobilités autonomes et vertes, mobilisation accrue des nouvelles technologies numériques, etc.», indique Alain Juppé.

Prônant «l’agriculture durable et les circuits courts», le candidat veut notamment favoriser «des achats bios et locaux, dans nos collectivités territoriales, nos hôpitaux, nos maisons de retraite ou encore nos cantines scolaires».

Tripler le photovoltaïque d’ici 2022

Du côté climatique, l’ancien Premier ministre propose de «mettre un terme définitif à l’utilisation du charbon dans la production d’électricité française dès le prochain quinquennat [seulement 3% de l’électricité française, ndlr], [de] donner leur chance aux énergies renouvelables en triplant notre capacité de production photovoltaïque d’ici 2022».

Ce qui est inférieur à l’objectif fixé par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), publiée le 28 octobre. Et comme dans cette même PPE, pas un mot sur le nucléaire, explicitement soutenu par plusieurs de ses concurrents.

Le maire de Bordeaux souhaite aussi «réexaminer les subventions accordées aux énergies fossiles, tout en les compensant parallèlement par des allégements de charges sur les entreprises, accroître fortement enfin l’effort public de recherche et de développement dans les domaines du stockage de l’énergie, de l’efficacité énergétique et des réseaux intelligents». Ce qui ressemble fort au sommaire du troisième programme d’investissements d’avenir (PIA3).

Stimuler la recherche sur la biodiversité ultramarine

Alain Juppé évoque aussi la biodiversité, notamment celle d’outremer qu’il s’agit de mieux connaître en raison de ses bénéfices potentiels pour la recherche de nouveaux médicaments. Il souhaite aussi un retour de la biodiversité en milieu urbain et périurbain, en assurant «la nidification des oiseaux, la pollinisation des abeilles et la replantation des haies».

Selon l’ancien ministre du budget, l’effort exigé par la transition écologique «bénéficiera à tous»: «l’amorce d’une économie circulaire et de proximité créera de l’emploi local en France, l’accélération de la politique de rénovation énergétique sera source d'économies considérables et améliorera la situation des très nombreux Français qui vivent dans des logements mal isolés. La mise en place de ‘zones de calme sonore’, au cœur des espaces urbains assurera le maintien en bonne santé de nos compatriotes et réduira les dépenses portées par l’assurance-maladie».

Un programme détaillé… en décembre

Est-ce tout? Pour l’instant oui, ou à peu près: si Alain Juppé a, au gré de ses déplacements, tenu quelques propos ayant trait à l’écologie, son programme environnemental n’a pas encore été publié. Il est pourtant bel et bien prêt, sous forme de deux cahiers thématiques abordant les questions de l’environnement, du transport et de l’énergie.

Après plusieurs reports, ces brochures ne devraient finalement être publiées qu’en décembre, après la primaire de la droite et du centre (les 20 et 27 novembre), mais avant la primaire socialiste fin janvier. Bref, pas de victoire, pas de programme écolo.

Est-ce un choix stratégique de la part du candidat? S’il s’agit de conforter l’avance sur son principal rival, il y aurait en effet plus de risques que d’avantages à se présenter en champion de l’écologie. D’autant que Nicolas Sarkozy est parvenu tout seul à marquer la différence, en septembre, avec d’étranges propos climatosceptiques. Prié de s’exprimer sur le Grenelle de l’environnement par Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ancien président a indiqué qu’il ne le referait pas, en cas de réélection.

Nul calcul stratégique, assure pourtant l’entourage d’Alain Juppé: «à son regret», la campagne «n’a pas fourni d’espace» pour débattre du sujet: à ce jour, aucun des deux débats télévisés ne l’a abordé. Le troisième débat, et dernier avant le premier tour, aura lieu jeudi 17 novembre: les thèmes retenus, définis au terme d’un sondage Harris, ne seront connus des candidats qu’une semaine avant. Quant au débat de l’entre-deux tours, il se tiendra jeudi 24 novembre.



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