Aires marines protégées : quelles avancées ?

Le 17 novembre 2010 par Célia Fontaine
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Le second colloque national sur les aires marines protégées (AMP)  se tient du 15 au 17 novembre à la Rochelle.Organisé en partenariat avec le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’événement doit permettre à la France d’anticiper le Sommet de la terre de 2012 sur la question du réseau mondial des AMP.

L’AMP est un espace délimité en mer, pour lequel est fixé un objectif de protection de la nature à long terme. Cet objectif est rarement exclusif : il est souvent associé à un objectif local de développement socio-économique, ou articulé avec une gestion durable des ressources.

Le premier colloque sur la question, qui s’était tenu en novembre 2007 à Boulogne-sur-Mer, avait pour objectif de contribuer à l'élaboration de la stratégie nationale pour les AMP, avec notamment la création de l'Agence nationale des aires marines protégées, basée à Brest.

A l'issue du colloque, l’UICN a élaboré une Déclaration destinée aux ministères concernés, à l'Agence des AMP et aux collectivités locales, côtières et marines.

Deux enjeux majeurs guident les discussions cette année : prolonger les réflexions menées en 2010 par le groupe de travail « aires marines protégées » du Grenelle de la mer et intégrer l’Outre-mer à la stratégie nationale des AMP.

« Les politiques de protection du milieu marin se développent rapidement, rattrapant le retard que nous avions pris dans ce domaine », selon Jérôme Bignon, député de la Somme et président de l'Agence des aires marines protégées. Le Grenelle de la mer vise 20 % d’AMP en 2020 dans les eaux sous juridiction française et 10 % de réserves de pêche. «  Mais la route est encore longue vers l’objectif fixé au plan international par la convention sur la diversité biologique : avoir un réseau complet, cohérent et bien géré », précise-t-il.

La France possède le second domaine maritime au monde, après les Etats-Unis. «  A elles seules, les collectivités françaises d’Outre-mer comprennent 10 % des lagons et 20 % des atolls du monde », rappelle François Letourneux président du Comité français de UICN.

C’est en grande partie dans l’espace marin que se situe la diversité biologique. Pour limiter son érosion, des objectifs de conservation ambitieux ont été actés, qui s’appuient sur la création d’aires protégées, «  véritable pierres angulaires de la conservation, éléments essentiels de la cohérence de l’action publique à long terme », poursuit François Letourneux.

Mais pour Robins de bois, les AMP « n e sont jusqu’ici que de vastes espaces où chacun entend protéger ce qu’il a de plus cher, c’est-à-dire ses propres intérêts, même s’ils sont glauques comme les boues de dragage ». L’association prend pour exemple le port de La Rochelle. Dans le cadre de l’extension et de l’approfondissement du port de plaisance des Minimes, 1 million de mètres cubes de « b oues radioactives et chargées d’autres polluants » doivent être extraites du chenal d’accès au vieux port en octobre 2011, et dispersées en mer dans le site Natura 2000 dit du Pertuis charentais.

Cet ensemble de 456.000 hectares est pourtant décrit comme un des écosystèmes marins les plus productifs des eaux sous responsabilité française. Y vivent plusieurs espèces menacées, comme l’esturgeon, l’alose, ou le marsouin. C’est également une ressource économique pour les pêcheurs professionnels.

« Cette opération d’immersion de boues de dragage dans le site Natura 2000 ne prend pas en compte la protection sanitaire de la biodiversité marine et des ressources halieutiques, ne prend pas en considération la salubrité des coquillages et la santé publique, se moque du plan de lutte contre les algues vertes et sacrifie l’équilibre écologique et économique d’une vaste mosaïque d’écosystèmes au seul intérêt de la filière nautique », estime Robin des bois, pour qui ce cas d’école doit faire l’objet de nouveaux arbitrages guidés par les engagements du Grenelle de la mer et les enseignements de la tempête Xynthia. 



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