Air: un problème de santé publique qui ne connaît pas les frontières

Le 09 juin 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La pollution ne connaît pas les frontières.
La pollution ne connaît pas les frontières.
DR

L’ONU rassemble les Etats européens autour de la question de l’air, véhicule par excellence de toutes les pollutions humaines. L’occasion d’édicter une sorte de vade-mecum pour une meilleure coopération entre Etats.

La ville de Batumi, entre la mer Noire et la mer Caspienne, accueille du 8 au 10 juin la 8e conférence ministérielle «Un environnement pour l’Europe». A l’ordre du jour de ce rendez-vous organisé par l’ONU: améliorer la qualité de l’air pour un environnement plus sain et une meilleure santé, dans le cadre de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, dite convention d’Espoo. L’occasion de (re)dire aux 28 Etats membres l’impérieuse nécessité de s’attaquer à la question de la qualité de l’air. «Si nous n’agissons pas, la pollution de l’air extérieur pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés d’ici 2060 et coûter 1% du PIB mondial –soit quelque 2.600 milliards de dollars par an (2.296 Md€)– en raison des jours de congé de maladie, des frais médicaux supplémentaires et de la baisse des rendements agricoles», alerte l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un nouveau rapport dévoilé à Batumi.

Discussions rompues entre le Parlement européen et le Conseil autour de la révision de la directive fixant des plafonds d’émission nationaux pour le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les composés organiques volatils et l’ammoniac. «La Grande-Bretagne, la Pologne, l’Italie et la France ont coalisé leurs efforts pour diluer les objectifs d’émission proposés», dénonce le Bureau européen de l’environnement (EEB). Points d’achoppement: le caractère contraignant des plafonds d’émission et l’exclusion du méthane du champ de la directive. Nouveau round de discussions le 20 juin, lors d’une rencontre entre ministres de l’environnement.

Inventaires transparents

Consciente que les pays se trouvent à des stades différents dans ce dossier, l’ONU formule plusieurs lignes directrices pour que les pays se saisissent ensemble du problème, puisque les polluants ne connaissent pas les frontières. Première mesure: la connaissance. Il s’agit de tenir des inventaires des émissions «systématiques, comparables et transparents» et d’avoir des informations sur les niveaux réels des émissions de soufre, d’oxydes d’azote, de particules, d’ammoniac, de composés organiques volatils, de certains métaux lourds et de certains polluants organiques persistants, «au minimum», précise l’ONU. Avec un focus sur les émissions agricoles et celles des transports. Ces informations doivent circuler entre Etats, qui sont priés de s’entraider.

Bannir le charbon

Deuxième mesure: réduire ces polluants, par une meilleure efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables et des pratiques à faibles émissions pour la combustion de la biomasse. Le charbon, grand émetteur de mercure, de soufre et de particules, sera réduit au minimum, tout comme les carburants à forte teneur en soufre. Des systèmes de transport moins polluants sont préconisés, ainsi que la réduction globale des niveaux d’émission et d’exposition imputables à la circulation routière. Les navires sont priés de réduire l’utilisation de carburants à forte teneur en soufre, sous l’égide de l’Organisation maritime internationale. L’agriculture est aussi à l’amende, en raison des pertes d’ammoniac dans l’environnement. Le brûlage à ciel ouvert de la végétation à des fins agricoles doit être combattu. Troisième mesure: éduquer et communiquer auprès du grand public, tant sur les sources et les niveaux de pollution que sur les moyens de les réduire au mieux. Le secteur privé, mais aussi la Banque mondiale et les démarches scientifiques menées par la convention d’Espoo doivent être utilisés comme des leviers par les Etats.

 

 

 

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus