Air: Trump freine la baisse de la consommation d’essence

Le 03 avril 2018 par Marine Jobert
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La consommation de carburant ne va pas diminuer.
La consommation de carburant ne va pas diminuer.
VLDT

L’administration Trump a annoncé qu’elle allait assouplir les normes en matière de consommation des véhicules, à rebours du mouvement mondial. Une décision qui ne ravit pas forcément les constructeurs américains. La Californie entre en résistance.

Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. C’est par un communiqué cinglant que Scott Pruitt, le responsable de l’Agence américaine pour l’environnement (EPA), a sérieusement écorné les normes qui devaient limiter à partir de 2022 la consommation des voitures et, partant, leur pollution. «Les conclusions de l'administration Obama étaient erronées», a affirmé ce juriste climato-sceptique, accusant ses prédécesseurs d’avoir «mené trop vite le processus d'évaluation des normes pour des raisons politiques et [de l’avoir] établie sur des références qui ne correspondent pas à la réalité, fixant des normes trop élevées».

Des milliards d’économies à la pompe

Les ‘CAFE’ (pour Corporate Average Fuel Economy) prévoyaient des augmentations graduelles de l'autonomie des véhicules pour atteindre un objectif de 54,5 miles pour un gallon d'essence (4,32 litres aux 100 kilomètres) en 2025. La décision de l’EPA est très critiquée par une partie de la presse américaine. Le New York Times la juge mauvaise à trois égards: les consommateurs seront privés de milliards de dollars d'économies à la pompe à essence, la dépendance aux importations de pétrole brut restera la même et cela aura pour effet de ralentir les avancées technologiques vers des voitures plus propres.

Détricoter Obama

Mais la soif de détruire les (insuffisants) efforts de l’administration Obama pour lutter contre le changement climatique n’a pas de prix. De la révocation de l’Accord de Paris au projet Keystone de pipeline en passant par l’ouverture des vannes pour les forages offshore et la tentative d’étrangler le ‘Clean Power Act’, Donald Trump n’a eu de cesse de détricoter tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un frein pour l’économie américaine. Au risque de récolter les foudres de ses propres industriels.

Deux réglementations, un modèle

Car rien n’indique que Detroit -la capitale de l’automobile US- lui dise merci. Contraints et forcés, et aussi à grand renfort d’argent public, les constructeurs automobiles ont fait leur aggorniamento depuis 2012 et, au passage, redoré leur blason en matière de santé publique et de lutte contre le dérèglement climatique. Même s’ils aspirent à «plus de flexibilité», deux pontes de chez Ford écrivaient encore récemment qu’ils «soutenaient l’amélioration des standards de qualité de l’air pour 2025» et qu’ils ne demandaient pas «de retour en arrière». Autre écueil: le bras de fer qui va sans nul doute s’engager avec la Californie qui jouit, avec 12 autres Etats, de la faculté d’édicter des normes environnementales mieux disantes. L’Etat démocrate est prêt à en découdre devant les tribunaux si l’administration Trump révoque cette faculté. Ironie de la situation: pour ne pas produire le même modèle avec deux standards de consommation différents, les constructeurs automobiles se sont depuis longtemps calés sur les normes californiennes. Au risque, demain, de devoir polluer plus?...



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