Air: réduire les PM2,5, c’est vraiment très bon pour la survie

Le 06 septembre 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les Alpes, Eden pour l'air pur.
Les Alpes, Eden pour l'air pur.
DR

Santé publique France a comparé les conséquences sur l’espérance de vie de plusieurs scénarios de réduction des concentrations en particules fines dans l’air. Des résultats édifiants.

Qui, de l’Union européenne, de l’Etat français ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), protège le mieux les Français de la mauvaise qualité de l’air? C’est ainsi que peut être résumée la question posée par l’étude publiée ce mardi 6 septembre par des chercheurs de Santé publique France. Car cette analyse des gains en santé de 4 scénarios d’amélioration de la qualité de l’air en France permet d’établir combien de mois d’espérance de vie à 30 ans sont perdus en fonction des valeurs de particules fines (PM2,5) auxquelles sont exposés les habitants des villes comme des champs.

Santé publique France s’est ici livrée à l’exercice des évaluations quantitatives d’impacts sanitaires (EQIS), qui permettent d’estimer les conséquences sanitaires attendues d’une modification des niveaux des polluants atmosphériques. Le choix de retenir la mortalité est restrictif, reconnaît l’organisme, puisque le recours aux soins et la baisse de qualité de vie des personnes qui ont une maladie chronique souvent grave liée à la pollution (asthme, cancer du poumon, maladies cardiovasculaires, etc.) n’ont pas été étudiés.

15 mois perdus en ville

La pollution d’origine anthropique, responsable de 9% de la mortalité en France (48.283 décès par an), ne fait pas vraiment de distinction selon le lieu d’habitation. Dans les zones urbaines de plus de 100.000 habitants, 15 mois d’espérance de vie à 30 ans, en moyenne, sont perdus en relation avec les PM2,5. Mais le poids des PM2,5 est également important dans les zones rurales, avec 9 mois de perte d’espérance de vie.

Déménager?

Si tout le monde pouvait vivre dans les 5% de communes les moins polluées du pays (à urbanisation et taille équivalentes), la mortalité totale baisserait de 7%, soit 34.517 décès évités chaque année en France.

OMS: un bon scénario

Quatre mois d’espérance de vie, c’est ce que gagneraient les 47 millions de personnes (76% de la population totale) qui sont exposées à des concentrations supérieures à la valeur recommandée par l’OMS (10 microgrammes par mètre cube). L’objectif n’est pas inatteignable, puisqu’il faudrait que les concentrations en PM2,5 baissent en moyenne de 2,2 μg/m3 dans les communes qui la dépassent. «La majorité des bénéfices seraient observés dans les plus grandes agglomérations», note Santé publique France, qui estime qu’avec ce scénario, 17.712 décès pourraient être évités chaque année.

Scénario ‘Grenelle de l’environnement’

Moins ambitieux, l’application du scénario dit ‘Grenelle de l’environnement’ (15 μg/m3) concernerait 16,3 millions de personnes (soit 26% de la population totale), qui sont aujourd’hui exposées à des concentrations supérieures. Avec en moyenne une baisse de 1,3 μg/m3 dans les communes qui la dépassent (majoritairement dans les plus grandes agglomérations), les habitants gagneraient alors en moyenne trois mois d’espérance de vie et 3.094 décès seraient évités chaque année.

L’Europe dans les choux

En 2015, toutes les concentrations de fond étaient inférieures à la valeur réglementaire 2015 de la directive européenne (25 μg/m3), ont constaté les chercheurs. Restent quelque 87.000 personnes exposées à des concentrations dépassant la valeur-cible prévue pour 2020 par cette directive (20 μg/m3), dont le respect permettrait d’éviter… 11 décès par an.

Santé publique France a tenté un scénario sans pollution anthropique, avec une valeur de référence pour les PM2,5 de 4,9 μg/m3. Les gains d’espérance de vie sont impressionnants, avec des pics de 3 à 4,5 ans pour Paris, Lille, Marseille. Le nord de Paris et le couloir rhodanien pourraient améliorer de 18 mois à 3 ans l’espérance de vie de leurs habitants. Pour vivre à l’air pur, préférez les hauteurs: les Pyrénées, les massifs de l’Ardèche et les Alpes sont les zones où l’air ne vous couchera pas de façon prématurée.

Santé plus économique

Conclusion: les bénéfices sanitaires observés avec des scénarios de diminution des niveaux de PM2,5 constituent un «puissant encouragement à l’action», estime Santé publique France. D’autant que les bénéfices sanitaires liés au recours aux soins et à l’amélioration de la qualité de vie «devraient être rapides, et l’impact sur la mortalité décalé de quelques années». Tout en rappelant que «les économies associées en matière de santé seraient plus importantes que les coûts des mesures visant à réduire les émissions et les niveaux de pollution dans l’air», Santé publique France souligne que «différentes stratégies de réduction peuvent être mises en œuvre en fonction de l’ambition des objectifs de santé publique». Un projet d’arrêté a pour objectif que soit respectée en 2030 la valeur-guide de l’OMS de 10 µg/m3 en moyenne annuelle pour les particules PM2.5, avec un palier intermédiaire de 11,2 µg/m3 en 2025.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus