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Air parisien: une petite amélioration, plombée par le diesel

Le 03 juillet 2013 par Stéphanie Senet
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Niveaux de NO2 en 2002 (à gauche) et en 2012 (à droite)
Niveaux de NO2 en 2002 (à gauche) et en 2012 (à droite)

Une étude d’Airparif, parue ce 3 juillet, montre que la pollution atmosphérique a baissé dans la capitale au cours de ces 10 dernières années, mais que cette baisse a été limitée par la diésélisation du parc automobile.

L’enthousiasme doit tout d’abord être modéré puisque les valeurs-limites de particules et de dioxyde d’azote (NO2) affichent toujours des dépassements, en particulier le long des axes de circulation. Au total, entre 22% et 97% des Parisiens sont exposés à des valeurs supérieures aux normes.

Si l’on se concentre sur le N02, émis aux deux tiers par le transport routier à Paris, «l’amélioration est peu sensible», juge Airparif. Selon l’association, 97% de la population (soit 2,1 millions d’habitants) reste touchée par des dépassements des normes annuelles (40 μg/m3).

Un petit mieux est enregistré pour les teneurs supérieures à 50 μg/m3 puisqu’elles ont quasiment baissé de moitié. Elles concernent encore 45% des Parisiens, contre 80% en 2002.

Pour les particules, les dépassements de l’objectif de qualité (30 μg/m3) touchent aujourd’hui 22% de la population (462.000 personnes), contre 78% en 2002. Un chiffre à nuancer au regard de la valeur-limite journalière (50 μg/m3, à ne pas dépasser plus de 35 jours par an), encore dépassée en 2012 pour 400.000 personnes.

Selon l’association de surveillance de la qualité de l’air, ces légères améliorations s’expliquent par une meilleure qualité de l’air en Ile-de-France, due aux actions menées sur le trafic, sur le chauffage et sur l’industrie.

Selon la mairie de Paris, les aménagements réalisés dans la capitale ont permis de réduire le trafic de 15 à 20% (avec toutefois des reports sur des axes secondaires) et une diminution de la vitesse de 2 km/h pour atteindre aujourd’hui 17 km/h. Résultat: 1% des Parisiens sont épargnés par des dépassements des seuils annuels de NO2 et 8% par des dépassements des valeurs-limites de PM10.

Diesel oblige, la modernisation du parc automobile n’a pas eu le même effet.  Elle a joué pour les PM10, permettant à 26% des habitants de ne plus être exposés aux dépassements de l’objectif de qualité mais pas pour le NO2, dont la situation s’est aggravée pour 1% de Parisiens supplémentaires (dépassement de l’objectif de qualité). Un résultat peu surprenant puisque les véhicules diesel émettent plus de NO2 qu’un véhicule essence de norme Euro équivalente et que le parc diesel s’est étendu dans la capitale (41% des kilomètres parcourus en 2002 mais 63% en 2012).

Si au final, les émissions de NO2 ont baissé de 30% et celles de particules PM10 de 35% en 10 ans, les émissions de CO2 n’ont régressé que de 13% sur la même période, sans doute en raison de l’augmentation du poids des véhicules et du développement de la climatisation, note Airparif.

Par ailleurs, la baisse des émissions de polluants atmosphériques a été plus sensible entre 2002 et 2007 qu’entre 2007 et 2012, en raison de l’essoufflement des nouvelles technologies (les pots catalytiques ont été généralisés) et du poids, plus lourd, de la diésélisation.

Autant d’arguments en faveur de l’abandon progressif de l’avantage fait au diesel en France (18 cents d’euro le litre de moins que l’essence), qui devraient être abordés lors du débat sur le projet de loi de finances 2014.

 



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