Air: Paris accusée de protéger Renault

Le 24 août 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Captur ne s'est pas laissé capturer par la commission d'enquête.
Le Captur ne s'est pas laissé capturer par la commission d'enquête.
Renault

C’est un nouveau rebondissement dans le feuilleton sur ces constructeurs automobiles qui truquent leurs voitures pour en masquer les émissions polluantes réelles. La première saison avait démarré très fort avec le Dieselgate de Volkswagen, il y a tout juste un an. La seconde saison promet de carburer avec Renault.

Lundi 22 août, le Financial Times affirme qu’une partie du rapport de la commission indépendante chargée de faire la lumière sur les émissions réelles des voitures, rendu public fin juillet, a été caviardé par les pouvoirs publics français.

Le quotidien des affaires britannique publie le témoignage, anonyme, de trois membres de ladite commission. Leur impression: «Le rapport ne mentionne pas des détails significatifs mis à jour par leurs travaux». Notamment pour ce qui concerne Renault.

Trop de NOx, pas un scoop

Que les voitures du constructeur au losange émettent plus d’oxydes d’azote (NOx) en conditions réelles d’utilisation que prévu n’est plus un scoop. Les versions préliminaires du rapport l’indiquaient déjà. Et la critique vaut pour la plupart des véhicules légers commercialisés en France.

Le doute des rapporteurs se porte sur un modèle particulier produit par l’ex-régie nationale: le Captur. Ce qui tombe mal. Ses ventes se portent bien. Et le constructeur français a profité des Jeux olympiques pour en assurer le lancement au Brésil. Mais il y a un hic.

Curieux Captur

Le système de dépollution de ce faux 4x4 a la fâcheuse habitude de se purger 5 fois durant les tests d’émission, réduisant les rejets finaux de la voiture. Cette ‘sur-purge’ signifie-t-elle que le véhicule détecte qu’il est en condition de test? Mystère. Les rapporteurs ignorent si ce modèle est doté d’un logiciel truqueur, comparable à celui du groupe Volkswagen, mais ils auraient souhaité qu’une enquête soit menée à ce sujet.

Cette fameuse vanne EGR a déjà fait parler d’elle. En janvier dernier, Renault avait rappelé 15.576 Captur dCi110. Officiellement, il s’agissait de moderniser la technique anti-NOx mise en œuvre sur le Captur, jugée alors inefficace par temps froid et par temps chaud. Quelques semaines plus tard, le constructeur dirigé par Carlos Ghosn proposait à ses clients de modifier la vanne EGR et le NOx trap de leur véhicule. Mieux valait d’ailleurs, car le système s’encrassait totalement au bout d’un millier de kilomètre. Passé ce kilométrage fatidique, le Captur ne dépolluait plus ses NOx. Ce qui aurait dû lui valoir une interdiction de circuler. Que l’on attend toujours.

Rapport expurgé

Interrogé par l’AFP, Charlotte Lepitre, de France Nature Environnement, confirme qu’il manque, dans le rapport final, des passages des auditions des représentants de constructeurs, ainsi que des informations provenant de la Répression des fraudes, après plusieurs perquisitions menées sur différents sites du constructeur français. Pour le FT, l’explication est simple: l’Etat n’entend pas se montrer trop sévère avec une entreprise dont il détient encore 20% du capital.

Dans un communiqué, publié en début de soirée ce mercredi, le ministère de l'environnement dément les affirmations du Financial Times: «les éléments indiqués pendant les auditions et les constats faits sont présentés dans les annexes par constructeur.»



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