Air: les rejets de métaux lourds industriels baissent en Europe

Le 28 mai 2018 par Marine Jobert
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Les 'hot sports' de pollution aux métaux lourds.
Les 'hot sports' de pollution aux métaux lourds.

Les mines, la production de métaux, l’aquaculture intensive et les industries liées à la chimie émettent le plus de métaux lourds parmi les quelques 33.000 installations dont les émissions dans l’air et dans l’eau sont suivies par l’agence européenne pour l’environnement. Des chiffres en baisse.

L’industrie européenne[1] recrache-t-elle moins de métaux lourds dans les airs et les eaux? Oui, peut-on lire dans une note d’analyse publiée par l'agence européenne pour l'environnement (AEE), basée sur une mise à jour des données d'émission 2016 déclarées dans le cadre du registre européen des rejets et transferts de polluants (E-PRTR). Sur la période couverte (2010-2016), les émissions et rejets d’arsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb et de zinc ont diminué de 39% dans les airs et de 34% dans les eaux.

Pour estimer les pressions globales sur l'environnement dues aux rejets agrégés des huit métaux lourds suivis par l’AEE, les valeurs (en kilogrammes) des rejets individuels sont d'abord multipliées par un «facteur d'écotoxicité» propre, provenant du modèle USEtox (développé en coopération avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement et a été recommandé par la Commission européenne comme source d'information sur l'empreinte environnementale). Les résultats sont ensuite agrégés, d'abord par installation, puis illustrés

18 gros pollueurs

Ce sont les gaz relâchés lors de la production et de la transformation de métaux qui sont responsables à 59% de ces rejets atmosphériques qui perturbent les cycles des nutriments dans les plantes, et provoquent des troubles du développement et de la reproduction chez les animaux et les humains. Les centrales thermiques ont aussi leur responsabilité dans ces rejets, à hauteur de 20%. Les mines souterraines, les raffineries de pétrole et de gaz et la production verrière et de produits chimiques se partagent le reste des émissions. Sur les 978 installations libérant des métaux lourds dans l'air en 2016, seul 18 étaient responsables de plus de la moitié de la pression environnementale, estimée à l'aide de l'approche de l'écotoxicité agrégée (voir encadré).

Localiser les sources

C’est en Pologne (ArcelorMittal, près de Katowice), en Espagne (Atlantic Copper, à Huelva), mais aussi en Allemagne (plusieurs centrales et une usine de production de métal, Dortmund ou à Hambourg) ou encore dans le nord de la Grèce que l’AEE a localisé les ‘hot spot’ d’émissions atmosphériques de métaux lourds. «Il est important de noter que les émissions cartographiées ne fournissent aucune information sur la distribution ou les concentrations de métaux lourds dans l'environnement, précise l’agence. Au contraire, les cartes sont une représentation géographique des emplacements des installations sources responsables des rejets agrégés de métaux lourds les plus nocifs (aux écosystèmes)».

 

Toxiques mines

Les rejets dans le milieu aquatiques sont le fait de 2.585 installations. La baisse observée (-34%) est d’autant plus notable que le nombre d’installations de ce type a augmenté de 5% entre 2010 et 2016. Ce sont les activités minières qui sont les plus préjudiciables aux milieux littoraux ou lacustres (19% des rejets), avec notamment le site de Bor, en Serbie. L’aquaculture intensive (notamment en Ecosse et en Norvège) est également très émettrice (14%), le cuivre et le zinc étant largement utilisés pour entretenir les cages et les filets, prévenir la corrosion et la croissance d’animaux indésirables. Le secteur de l’énergie rejette aussi sa part de polluants, notamment au cours d’opérations d’exploration pétrolière et gazière dans la mer du Nord.

 

 

Eaux usées chargées

Les efforts consentis par les Etats européens pour améliorer le traitement des eaux usées n’ont pas spécialement porté sur le contrôle des rejets de métaux lourds, constate l’AEE. Par conséquent, ces stations d’épuration ont contribué pour moitié à ces émissions, concentrant les pollutions des installations alentours. C’est notamment le cas pour l’ère londonienne, les environs de Duisburg (Allemagne), et Barcelone (Espagne), qui hébergent quantité d’industries de traitement des déchets, de produits chimiques, de hauts fourneaux ou d’usines agroalimentaires.



[1] Ce registre concerne les émissions des 28 de l’Union + Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse et Serbie.

 



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