Air: les premiers pas empêtrés de la circulation différenciée

Le 23 janvier 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La pollution aux PM10 le 23 janvier.
La pollution aux PM10 le 23 janvier.
@Prevair

La circulation alternée, matinée de circulation différenciée selon le niveau d’émissions des véhicules, est reconduite à Lyon et Villeurbanne. A Paris, on se focalise sur les vignettes Crit’air, obligatoires depuis une semaine.

A bas la circulation alternée, vive la circulation différenciée? La première avait fait la preuve de son inefficacité en décembre dernier (-10% d’émissions); la seconde vient de démontrer le manque de familiarité des Français avec les restrictions de circulation. Car pour tenter de dissiper la soupe de particules fines qui a de nouveau pris ses quartiers au-dessus d’une bonne moitié du pays depuis cette fin de semaine, les premières vignettes Crit’air (qui permettent de classer les véhicules en fonction de leurs émissions) ont été activées en région parisienne et lyonnaise. Elles le seront toujours demain mardi 24 janvier. Au risque d’aggraver les maux de tête consécutifs à la pollution, tant leur mise en œuvre s’est avérée compliquée à comprendre.

Crit’air est géré par ‘Green Zones’, une entreprise allemande basée à Berlin. C’est elle qui est en charge de des écopastilles allemandes, autrichiennes et danoises, qui autorisent n’importe quel véhicule à circuler dans les différentes zones environnementales des pays en question. Au 19 janvier 2017, Green Zones avait enregistré 3.009.072 demandes de vignettes, dont 2.420.843 émanant de particuliers et 588.229 d’entreprises. La moitié provenaient (hors flottes) de région parisienne.

Classe 5 bannie de Paris

Obligatoires dans Paris et 69 communes de la petite couronne francilienne[1] depuis le 16 janvier 2017, ces vignettes doivent conduire à évincer de la circulation environ 15% des véhicules particuliers (ceux de classe 5, immatriculés entre 1997 et 2001, et ceux non classés par le dispositif gouvernemental, car immatriculés avant 1997). Impossible de dire aujourd’hui quels effets cela aura sur les émissions et les concentrations de polluants, reconnaît Airparif. Les voitures hors vignette, qui représentent 2% du parc roulant de la zone de circulation restreinte parisienne, sont à l’origine de 5% des émissions, avait constaté l’association de surveillance de la qualité de l’air en juillet dernier. «Des calculs sont en cours pour les véhicules concernés, catégorie par catégorie, en fonction du parc roulant et non des immatriculations», précise Charlotte Songeur, ingénieure communication à Airparif. Et le constat est récurrent: «Quand on évince les véhicules les plus vieux, on enlève les plus polluants»! Contacté, le ministère de l’environnement n’a pas précisé la distribution des émissions par type de véhicules (deux-roues, poids lourds, etc.).

Classes 4 et 5 boutées hors de Lyon

A Lyon et Villeurbanne (qui ont connu des pics à 118 microgrammes par mètre cube dimanche 22 janvier), on en est resté à la (fumeuse) circulation alternée, revisitée à la sauce différenciée. Avec une déclinaison locale, puisque les catégories zéro émission et de classe 1, 2 et 3 sont autorisées à la circulation quel que soit leur numéro de plaque. Soit une version plus restrictive que celle décidée par le préfet de police de Paris, à qui Anne Hidalgo demande «d’étendre les restrictions de circulation actuellement en vigueur aux véhicules Crit’air 4» pour la journée de demain. Cette classe de véhicules représente quelque 14% des véhicules particuliers. Gare: à mixer les deux systèmes, le préfet du Rhône a pris le risque de la confusion. Exemple: un diesel de catégorie 4 (immatriculé avant 2006) interdit de circulation pour cause de plaque paire aujourd’hui, sera autorisé demain lors de la reconduction de la mesure.

Alors que la mairie de Paris reconduit la gratuité de la journée de Vélib’, de la première heure d’Autolib’ et du stationnement résidentiel, la région Ile-de-France maintient son offre d’un forfait journalier à 3,80 € (soit le prix de deux tickets de métro, valables dans toutes les zones), au lieu de la gratuité qui prévalait jusqu’ici. Sa présidente avait fait valoir que le dernier pic de pollution avait, en 6 jours de gratuité, coûté 23 M€ au Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif). «Le Stif n'a pas les moyens de prendre en charge les 80 M€ que pourrait coûter la gratuité totale en 2017», avait expliqué Valérie Pécresse dans les colonnes du Parisien.

Plus de la moitié du pays tousse

Car le temps froid et sec, allié à une absence de vent, persiste. Ainsi les départements Drôme, Ardèche, Loire et Savoie ont rejoint le Rhône, l'Isère, la Haute-Savoie et l'Ain. En Bourgogne, le seuil d'alerte à la pollution aux particules a aussi été déclenché dimanche dans l'Yonne, la Nièvre et la Saône-et-Loire. Dans l’Ouest, on suffoque également. En Bretagne, en Ille-et-Vilaine et dans le Finistère, la procédure d'alerte pollution a été activée depuis le samedi 21 janvier et jusqu'à ce soir 23. Une alerte qui s’est étendue aux Côtes-d'Armor et au Morbihan, tout comme à la Normandie, l'Eure et la Seine-Maritime et jusqu’aux frontières belges. La procédure d’alerte est maintenue pour mardi 24 dans les Pays de la Loire et jusqu’en Vendée, indique Air Pays de la Loire.

 



[1] Les contrevenants risquent une amende de 68 à 135 euros dans la zone à circulation restreinte qui englobe Paris intra muros et de 22 € dans les autres communes de l'agglomération.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus