Air : les piètres performances climatiques de l’Outre-mer

Le 06 décembre 2016 par Marine Jobert
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Carte des Outre-Mers concernées.
Carte des Outre-Mers concernées.

L’inventaire des émissions atmosphériques pour l’Outre-mer est paru. Il révèle une contribution croissante des départements et collectivités ultra-marines (DOM-COM) au renforcement de l'effet de serre.

Guyane, Martinique, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna… Le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) vient de publier les résultats des émissions de l’Outre-mer, établis à la demande du ministère chargé de l’environnement. Ils présentent les émissions par territoire, pour 9 substances, par secteur par territoire ou par secteur de 1990 à 2014.

 

C’est l’industrie manufacturière (31%) et la transformation d’énergie (29%) qui sont les secteurs les plus émetteurs en Outre-mer, suivies par le transport routier (23%). L’emprise des énergies fossiles se fait sentir. En métropole, la transformation d’énergie ne représente que 9% des émissions.

Celles de l’agriculture ne représentent que 5% des émissions totales (contre 20% en métropole). Le résidentiel tertiaire, bénéficiant de conditions météorologiques favorables, ne représente que 4% des émissions, contre 19% en métropole.

 

L’évolution des émissions est disparate d’un territoire à l’autre et d’un gaz à l’autre et la diversité des situations locales rend délicate leur addition.

Entre 1990 et 2014, la tendance des pollutions "classiques" est plutôt favorable. On observe dans les territoires ultra-marins une baisse significative des émissions de monoxyde de carbone (-80%) et de composés organiques volatils non méthaniques (-63%). Les émissions de dioxyde de soufre n'accusent qu'une faible baisse (-10%). En revanche, les rejets d'oxydes d'azote progressent de 17% durant la période. Le prix du développement du parc automobile, sans doute.

La courbe des rejets de gaz à effet de serre (GES) est nettement plus inquiétante. A l'exception notable de l'hexafluorure de soufre, qui voit ses émissions chuter de 74% en 24 ans, les tonnages de tous les autres GES expédiés dans l'atmosphère bondissent, parfois dans des proportions considérables. Les émissions de gaz carbonique et de méthane ont grimpé, respectivement, de 88% et 97%.

On observe, en revanche, une stabilité remarquable des rejets (d'origine agricole) de protoxyde d'azote: +3% en 24 ans. En revanche, les rejets d'hydrofluororcarbures, les pires de tous les GES, ont explosé: + 13.232% ! Peu glorieux, ces records ont accru de 90% la contribution des DOM-COM au réchauffement climatique.

 



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