Air: les micro-capteurs débarquent à Paris

Le 23 mai 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Airparif informe en temps réel sur la pollution via son appli.
Airparif informe en temps réel sur la pollution via son appli.
DR

Paris expérimente, outre les capteurs calibrés d’Airparif, des micro-capteurs pour mesurer les concentrations en particules fines. Une technologie à visée pédagogique qui arrive en France, après avoir été testée aux Etats-Unis et aux Pays-Bas.

Grenoble en avait installé une dizaine sur ses tramways à titre expérimental. Paris vient d’en fixer une soixantaine sur le toit de véhicules siglés Enedis. D’ici l’été, ce sont près de 300 micro-capteurs ainsi embarqués qui sillonneront la capitale, pour mesurer les concentrations en particules fines. Un dispositif qui répond au doux nom de «Pollutrack» et qui devrait à terme fournir pas moins de 100.000 valeurs récoltées «directement à hauteur de respiration du piéton, de l’enfant, du cycliste, du jogger…».

Airparif vs nouvelle technologie?

«La question de la mesure est un élément majeur de la confiance et du débat public», a expliqué Anne Hidalgo lors d'une conférence de presse. Tout en reconnaissant qu’Airparif et ses 70 stations certifiées «nous donnent les informations nécessaires depuis longtemps», la maire de Paris souhaite que ces technologies «apportent des éléments supplémentaires. On a besoin de ça pour que nos arguments [dans la lutte contre la pollution de l'air, ndlr] ne soient plus niés par des gens qui combattent la rationalité.»

Une masse de données à traiter

Le phénomène des ‘capteurs citoyens’ –du lampadaire à la montre individuelle- est en pleine expansion. Avec plusieurs questions à la clé. Comme celle de la métrologie, à laquelle est assujettie une association agréée de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa) comme Airparif, qui implique un coût élevé. «Avec les objets connectés, on va augmenter le nombre de points de mesure, pour obtenir des cartographies plus dynamiques des villes, quitte à diminuer la précision des instruments», reconnaît Fabien Condemine, le PDG d’Acoem France. Pour ce faire, le recours à des capteurs mobiles, qui peuvent être intégrés dans des dispositifs légers et peu coûteux, s’avère incontournable. «L’enjeu, ce sera surtout de relier tous ces capteurs à une même plateforme, pour que le même acteur, dans n’importe quelles conditions climatiques, puisse fournir des mesures de qualité de l’air irréprochables», estime le spécialiste des mesures acoustiques, qui se lance dans le traitement des monceaux de données que génèrent ces collectes massives de mesures.

En phase de tests

Les micro-capteurs suscitent indubitablement de la curiosité, mais sans emballement du côté des Aasqa, dont l’hégémonie est nécessairement bousculée. Atmo Hauts-de-France envisage d’en tester quelques-uns d’ici fin 2017. «Mais comment pourra-t-on éventuellement intégrer ces données citoyennes dans le système leur renvoyer une donnée agrégée et crédible, le tout dans un contexte où plusieurs opérateurs se lancent sur le marché?», s’interroge Hélène Devillers, la directrice d’Atmo Hauts-de-France.

Tests peu concluants

En novembre 2016, Air Paca publiait une note sur des tests réalisés à l’échelle d’un quartier, pour évaluer la précision, la fiabilité et la reproductibilité des micro-capteurs. Si les micro-capteurs testés suivent dans l'ensemble assez bien les niveaux obtenus avec les méthodes de mesure de référence (gravimétrie et analyseur automatique), il reste une incertitude, pour l'heure, «conséquente. Il n’est donc absolument pas possible actuellement de leur accorder le même degré de confiance que les méthodes de mesure de référence», tranchait alors l’Aasqa.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus