Air: les ATMO se marient

Le 24 juin 2016 par Marine Jobert
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Les ATMO fusionnent dans chaque grande région.
Les ATMO fusionnent dans chaque grande région.
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Au 1er janvier 2017, chaque nouvelle grande région sera dotée d’un seul observatoire de la qualité de l’air. Atmo Auvergne et Air Rhône-Alpes ont devancé l’appel: leur mariage –le premier- sera effectif à compter du 1er juillet prochain.

Cette fusion, entérinée lors d’une assemblée générale extraordinaire le 23 juin, découle de la réforme des régions introduite par la loi NOTRe. C’est Eric Fournier, vice-président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes et maire de Chamonix-Mont Blanc, qui en devient le nouveau président. L’occasion d’un entretien avec Marie-Blanche Personnaz, la directrice du nouvel observatoire Atmo AU-RA.

 

JDLE - Les frontières administratives collent-elles aux réalités atmosphériques?

Marie-Blanche Personnaz - L’air est, par nature, un milieu toujours mouvant et changeant. Il est donc toujours possible d’y trouver une cohérence. En outre, nous avons vocation à nouer des collaborations avec toutes les régions et tous les pays (Suisse, Italie) qui bordent la nôtre: on ne peut pas travailler à la seule échelle d’une ville, voire d’une région. Par exemple, 40% des polluants constatés lors d’un pic sur l’agglomération lyonnaise ne viennent pas de la zone elle-même. En Auvergne, il existe une unité remarquable avec la montagne, et les flux de vent viennent le plus souvent de cette région. En vallée du Rhône, par contre, il y a beaucoup d’échanges nord-sud et nous travaillons donc beaucoup avec la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), notamment sur les flux de transport.

 

JDLE – Ce mariage entre Atmo est, sur le papier, assez déséquilibré…

Marie-Blanche Personnaz - L’Atmo Rhône-Alpes était la plus étoffée en personnel et avait le budget le plus conséquent au plan national. Hier, elle comptait 70 personnes. Nous serons désormais 80 et nous disposerons de plus de 10 millions d’euros de budget. En termes de population, c’est moins que si nous avions gagné un département comme le Rhône. L’Auvergne est un vaste territoire, avec des problèmes de pollution moindres et un fort potentiel en matière d’agriculture et de tourisme. Or, quand on s’occupe d’air, on s’occupe du mauvais comme du bon air. On n’est pas là seulement pour dénoncer: il est important d’identifier les zones où l’air est de bonne qualité et de conserver cette avance en ne développant pas des activités qui vont en dégrader la qualité, notamment dans les zones touristiques. Demain, le ‘bon air’ sera un fort argument touristique.

 

JDLE – Menez-vous des travaux ou des actions en matière d’air intérieur?

Marie-Blanche Personnaz - Le ministère de l’environnement nous a clairement dit, il y a quelques années, que l’air intérieur ne faisait pas partie de nos attributions. Notre conseil d’administration estime pour sa part qu’on ne peut pas dissocier air intérieur et air extérieur. C’est pourquoi nous participons à des études avec des collectivités territoriales. En mettant au point, par exemple, des protocoles de mesure dans les établissements scolaires, comme dans les lycées professionnels où sont manipulés des matériaux émissifs (colle, bois). Ou dans de nouveaux établissements Haute qualité environnementale (HQE), pour être sûr qu’il n’y a aucun problème de qualité de l’air. Nous avons aussi conçu des modules de formation pour les associations environnementales, qui se chargent ensuite de démultiplier l’information. Et il y a beaucoup de demandes en la matière. La question de l’air intérieur ne peut pas être déconnectée des questions de précarité: l’état du logement influence l’état de santé. Sans compter que ce sont souvent les mêmes qui habitent un logement considéré comme insalubre et qui sont en état de précarité énergétique. J’espère que dans le cadre des programmes ‘villes intelligentes’, nous pourrons recueillir davantage de données sur la qualité de l’air intérieur.

 



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