Air: les Aasqa sauvent leur budget 2018

Le 31 octobre 2017 par Marine Jobert
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Un budget à négocier chaque année.
Un budget à négocier chaque année.

Nicolas Hulot a arbitré en faveur du maintien de la part que l’Etat verse au budget des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (Aasqa). Un soulagement, qui ne cache pas la fatigue de devoir négocier chaque année un budget pourtant essentiel pour la surveillance d’un milieu classé cancérogène certain par l’OMS.

Ouf! Les 19 Aasqa peuvent pousser un soupir de soulagement. Car au vu des arbitrages qui avaient été rendus dans le projet de loi de finances 2018, la part de l’Etat dans leur budget devait être rognée de 9%. Soit une baisse de 18,7 à 17 millions d’euros. Rendez-vous, explications, mises en garde… c’est un ministre de l’environnement rassurant qui a finalement participé ce lundi 30 octobre le conseil national de l’air et s’est engagé à maintenir la contribution de l’Etat. Une lettre d’engagement devrait arriver sur la table d’Atmo France dans les jours qui viennent.

Plus de visibilité

«Ce n’est pas une victoire, mais on ne peut que se féliciter de l’attention portée à la qualité de l’air par le gouvernement», tempère Guy Berger, son président. Car chaque année, le scénario est le même: l’évolution de la ligne budgétaire 174 (dont 93% est réservée au paiement de la retraite des mineurs!) est scrutée avec angoisse par les 19 entités régionales dont le sort financier est remis en cause. «Nous aimerions avoir de la visibilité sur plusieurs années, ne pas être sur des charbons ardents chaque automne, soupire l’ex-président d’Air Lorraine. Cette situation fait que nous avons du mal à nous projeter, alors que les investissements devraient être pensés de manière pluriannuelle.»

Les industriels en renfort

L’autre raison de ne pas crier victoire, c’est que la part de l’Etat est chroniquement en baisse. Comme le rappelait déjà l’an passé l’ex-patron d’Atmo France, Bernard Garnier, la part de l’Etat versée aux Aasqa entre 2012 et 2016 a certes augmenté en chiffres absolus (de 14,7 à 15,1 M€), mais elle a diminué quand on la compare à l’évolution de leur budget de fonctionnement (passé de 49 à 55 M€ pour la même période), passant de 37 à 30%. Idem pour l’apport des collectivités, passé de 27 à 20%. Mécaniquement, la part des industriels a augmenté, passant de 38 à 48%. «Cette dérive n’est pas saine, souligne Guy Berger, c’est la pluralité des financements qui implique l’indépendance.»

Financer les solutions

Les Aasqa ont-elles besoin de beaucoup plus d’argent? Pas forcément, assure Guy Berger. Certes, de nouvelles obligations leur échoient, l'organisation de la mise à disposition de leurs données sous des formats compatibles à la directive INSPIRE pour faciliter leur moissonnage dans le cadre de l’open-data. Au plan de la surveillance, «la performance du système, la nécessité de le maintenir et d’y recourir davantage est régulièrement soulignée.» La Cour des Comptes a notamment recommandé en décembre 2015 de mieux évaluer a priori et a posteriori l’efficacité des plans d’actions.» Là où le bât blesse, c’est bien quant aux solutions, que l’Etat devrait davantage accompagner. D’autant, rappelle le président d’Atmo France, que les régions et les collectivités territoriales sont désormais chefs de file en matière de qualité de l’air. «Qui payera demain, en cas de mise en cause par l’Union?».

 

 

 

 

 



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