Air: le pneumologue rémunéré par Total condamné au pénal

Le 05 juillet 2017 par Marine Jobert
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Une condamnation dans le scandale du diesel.
Une condamnation dans le scandale du diesel.

Michel Aubier n’avait pas jugé nécessaire de signaler aux sénateurs qui l’auditionnaient pour ses connaissances sur les effets de la pollution de l’air qu’il était rétribué par le groupe Total. Le tribunal correctionnel l’a condamné à une peine avec sursis et à une amende conséquente.

6 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende. C’est à une peine aussi lourde qu’infamante que le professeur Michel Aubier, 69 ans, vient d’être condamné ce 5 juillet par le tribunal correctionnel de Paris. Auditionné en  2015 par une commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air, le pneumologue avait choqué son auditoire en minimisant le nombre de cancers liés à la pollution atmosphérique. Surtout, lui ont reproché les sénateurs –le Sénat s’est d’ailleurs porté partie civile, pour la 1ère fois-, il avait juré quelques minutes auparavant qu’il n’entretenait aucun lien avec des acteurs économiques liés au dossier. Or le bon docteur touchait chaque mois un salaire de quelque 6.000 euros du groupe Total, qui employait fort à propos comme médecin conseil ce praticien fort prisé des médias.

Salarié par Total

«Total a investi sur le professeur Aubier, avait estimé la procureure de la République lors de l’audience du 14 juin, citée par Le Monde. Vingt ans de lien salarial, membre de la fondation (Total)… C’est la marque d’une adhésion aux valeurs d’une entreprise. Et pendant toutes ces années où il intervenait sur le sujet de la pollution de l’air, il était en même temps salarié de la société Total, dont il nous a dit lui-même qu’elle était polluante ». Le tribunal est allé plus loin que ses réquisitions (à 30.000 euros d’amende), estimant que le fait de mentir à la représentation nationale méritait une condamnation à 50.000 euros d'amende.

Contre la fabrique du doute

Même si leur demande de constitution de partie civile n’ont pas été accueillies par le tribunal, les 2 associations  de protection de l’environnement Générations Futures et Ecologie sans frontière s’estiment satisfaites de la décision rendue. «C’est un message très clair envoyé à tous les scientifiques payés par les industries de la chimie, de l’agroalimentaire, du pétrole ou des cosmétique et qui sont prêts à mettre en danger la santé des Français en participant à la fabrique du doute», se félicite Nadir Saïfi, le vice-président d’Ecologie sans frontière. «Docteur Diesel» n’a pas encore annoncé s’il ferait appel ou non de la décision. 



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