Air: la loi post-Brexit pour respirer mieux en Grande-Bretagne

Le 14 janvier 2019 par Marine Jobert
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L'air un peu moins vicié sur Londres?
L'air un peu moins vicié sur Londres?

Le gouvernement britannique publie ses plans pour réduire les émissions des véhicules diesel et des appareils à combustion, et celles des agriculteurs. Sans renverser la table.

C’est l’après-Europe et la pression sociale combinés qui ont amené Londres a publié, enfin, sa stratégie de lutte contre la pollution de l’air. Désignée comme «le plus gros problème de santé publique» dans le plan dévoilé ce 14 janvier, la mauvaise qualité de l’air est également un gouffre financier. Les coûts sociaux et économiques estimés –et sous-évalués, a reconnu le gouvernement– pourraient atteindre 18,6 milliards de livres (20,9 Md€) d'ici 2035 si rien n’est fait. Grâce aux mesures annoncées ce jour, ils pourraient s’établir autour de 1,7 Md£ (1,9 Md€) par an en 2020, pour grimper à 5,3 Md£ (6 Md€) par an à partir de 2030. La pollution atmosphérique tue plus de 40.000 personnes par an dans le pays et provoque une épidémie de maladies respiratoires, en particulier chez les jeunes enfants.

PM2,5, respecter l’OMS

Parmi les rares engagements chiffrés que contient ce plan, l’engagement du gouvernement de diminuer de moitié d’ici 2025 le nombre de personnes exposées à des concentrations supérieures à 10 microgrammes par mètre cube (?g/m3) de particules ultra fines (PM2,5), conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les agriculteurs vont être, pour la première fois, soumis à des contraintes en matière d’émission de fertilisants et d’ammonium. Haro également sur les conducteurs de diesel et les foyers fonctionnant au bois, qui devront respecter des normes beaucoup plus drastiques d’ici 2022.

La route, le point noir

Des réformes sur les émissions du secteur ferroviaire sont en cours –interdiction des locomotives diesel en 2040 et électrification des lignes en projet– et des lignes directrices seront publiées au printemps 2019 pour les ports, juste après la publication de la stratégie 2050 pour le secteur maritime. En décembre dernier, Londres avait lancé une consultation sur le secteur aérien. Sur les routes, dont on savait déjà que les voitures thermiques seraient bannies en 2040, rien de nouveau sous le soleil. A part, espère-t-on à Londres, une formidable opportunité économique: «Nous positionnerons le Royaume-Uni comme le meilleur endroit au monde pour développer, fabriquer et utiliser des véhicules à zéro émission et, pendant la transition, nous veillerons à ce que les véhicules classiques les plus propres soient conduits sur nos routes.»

2040, trop loin?

Un manque d’ambition qu’ont dénoncé les associations environnementales. «Le gouvernement dit tout ce qu’il faut à propos du coût énorme en vies humaines et en argent, mais ne propose rien de nouveau pour lutter contre la pollution causée par les transports routiers, critique Morten Thaysen, responsable de la campagne sur l’air pur pour Greenpeace UK. Repousser l’élimination du diesel et de l’essence à 2040 montre bien que vos petits-enfants méritent un air pur, mais que vos enfants devront continuer à respirer des émanations toxiques pour ne pas perturber les prévisions de vente de l’industrie automobile.»

Echelons inférieurs

Un projet de loi sur l’environnement est confirmé pour 2019, qui tend à déléguer vers les échelons inférieurs la responsabilité et l’action en matière, notamment, de qualité de l’air. «Les autorités locales et autres organismes publics voisins s’emploieront collectivement à lutter contre la pollution atmosphérique», espère le gouvernement de Theresa May, dont les prédécesseurs ont fini, à plusieurs reprises, condamnés par les tribunaux britanniques.

 



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