Air: l’Ile-de-France se fixe des «objectifs réalistes»

Le 09 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pas de révolution en Ile-de-France
Pas de révolution en Ile-de-France
Ile-de-France

La région mise beaucoup sur le verdissement des flottes publiques de bus.

Chose promise, chose tenue. La présidente de la région Ile-de-France a présenté, ce jeudi 9 juin, le plan régional pour la qualité de l’air. Reprenant les mesures que Le JDLE a dévoilées mi-avril, il définit les priorités de l’exécutif francilien jusqu’à 2021.

Consacrée cheffe de file de la lutte contre les pollutions atmosphériques et le changement climatique par la loi Notre, la région reprend à son compte des mesures déjà mises en œuvre, à Paris par exemple. A commencer par des aides au remplacement de véhicules anciens.

 

Coup de pouce aux artisans

 

Pas moins de 2,6 millions d’euros seront consacrés annuellement à des aides dédiées aux entrepreneurs franciliens (hors parisiens qui bénéficient des aides de la ville) qui remplaceront voitures, fourgons ou camions polluants par des véhicules faiblement émetteurs. Ce faisant, Valérie Pécresse veut donner un coup de pouce aux artisans dont les véhicules, trop anciens, ne pourront plus circuler dans la capitale à partir du mois de juillet prochain. «Cela représente environ 3.000 véhicules», estime la présidente du conseil régional.

 

Poêles à bois

 

Aide toujours, cette fois dédiée aux particuliers. Un fonds Air-Bois sera constitué. Financé par l’Etat, la région, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et quelques collectivités, il financera le remplacement des chaudières à bois individuelles peu performantes «et à ce titre fortement émettrices de particules fines», a rappelé Chantal Jouanno, vice-présidente de la région chargée de l'écologie et du développement durable. L’ex-secrétaire d’Etat à l’écologie se propose aussi de revoir les objectifs biomasse du schéma régional Climat-Air-Energie. Lequel prévoit justement «de stabiliser les consommations de bois individuelles grâce à l’utilisation d’équipements plus performants». Un million d’euros seront toutefois consacrés à la valorisation de la biomasse francilienne.

 

Les agriculteurs ne sont pas oubliés

 

Aide encore, cette fois accordée aux agriculteurs. Leurs engrais et pesticides polluent l’air francilien. Certains pics de pollution sont imputables à la dégradation d’ammoniac d’origine agricole. Un nouveau million financera le développement de matériels permettant de réduire l’utilisation des intrants.

Présidente du Syndicat régional des transports publics (le Stif), Valérie Pécresse assure également la mise en œuvre du plan ‘Bus 2025’ de la RATP[1]. En 10 ans, la régie prévoit de remplacer ses 4.500 bus par des véhicules électriques (à 80%) et à gaz renouvelable (20%). Certains de ces bus devraient voir augmenter leur vitesse commerciale. La région prévoit de réduire certains points noirs de la circulation routière, en créant de nouvelles routes, en ouvrant des voies réservées aux transports publics et en améliorant l’information des usagers sur l’état du trafic. Voilà pour le structurel.

 

Le retour de l’écotaxe

 

Sans surprise, la région capitale attend de l’Etat, comme d’autres régions, qu’il instaure une écotaxe poids lourds sur les véhicules de transit. «C’est idiot d’avoir des portiques que nous ne pouvons utiliser», regrette Chantal Jouanno.

Regrettant toujours que l’exécutif régional ne soit pas associé à la gestion des pics de pollution (contrairement à l’Etat, à la ville de Paris et au Stif), Valérie Pécresse poursuit son bras de fer avec la ministre de l’écologie: «Nous attendons toujours que Ségolène Royal nous sorte un arrêté qui mettra fin à son tête-à-tête avec Anne Hidalgo [la maire de Paris, ndlr]».

Ce texte, avance la présidente de la région, améliorerait la coordination des politiques publiques: «Quand Paris ferme ses voies sur berges, une partie du trafic se reporte sur le périphérique et les communes riveraines, qui ne sont pas associées à la décision.»

Pour réduire les besoins en mobilité, la nouvelle majorité régionale table sur la création de 1.000 espaces de co-working, joliment baptisés «Tiers lieux».

 

L’exemple alsacien

 

La qualité de l’air intérieur n’est pas oubliée. Sur le modèle alsacien, l’Ile-de-France pourrait se doter d’un réseau de conseillers médicaux spécialisés. La RATP devrait poursuivre l’expérimentation de ses ‘aspirateurs’ à particules sur les freins des motrices et aux entrées des stations de métro.

à l’évidence, la lutte contre la pollution de l’air est aussi un business. Et pas seulement en Ile-de-France. En partenariat avec Airparif, la région veut accompagner le développement des entreprises innovantes. Peut-être en créant un cluster[2] de la mesure et de la dépollution de l’atmosphère?

Transversal, ce plan sera-t-il efficace? Pas autant que les Franciliens le souhaitent sûrement. «Plus de 1,5 million de Franciliens vivent dans des zones où les normes européennes ou de l’OMS ne sont pas respectées. Il est évident que durant une mandature, nous ne pourrons qu’accélérer la réduction des polluants. Raison pour laquelle nous avons fixé des objectifs réalistes», concède Valérie Pécresse.

 

 



[1] Auquel il faut ajouter le Plan 1.000 bus pour la Grande Couronne, également coordonné par le Stif.

[2] Cluster: «groupe d'entreprises et d'institutions partageant un même domaine de compétences, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires» (Porter, 1999)

 



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