Air intérieur: nouvelles données et nouvelles mesures

Le 12 décembre 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Des centaines de polluants dans l'air intérieur.
Des centaines de polluants dans l'air intérieur.
DR

Alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) remet à jour ses méthodes d’élaboration de valeurs-guides de qualité d’air intérieur, une nouvelle campagne de mesures de la qualité de l’air dans les logements s’apprête à démarrer.

Une nouvelle campagne nationale de mesures de la pollution de l’air dans les logements va prochainement être organisée. Une première campagne avait été menée entre 2003 et 2005 par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), qui avait permis de faire un état des lieux de la pollution chimique, biologique et physique de l’air dans le parc des résidences principales de France métropolitaine continentale. Le lancement de cette deuxième étude de terrain, dont les travaux préparatoires pourraient débuter dès 2017, «permettra de disposer d’un nouvel état de l’exposition des occupants de logements aux polluants de l’air intérieur», dont les résultats «pourront par la suite être comparés à ceux de la précédente campagne pour tracer l’évolution de la pollution intérieure», précise le ministère du logement.

Valeurs-guides de qualité d’air intérieur

L’Anses vient de mettre à jour un rapport d’expertise collective consacré aux méthodes d’élaboration de valeurs-guides de qualité d’air intérieur (VGAI). Ces VGAI sont les concentrations dans l’air d’une substance chimique en dessous desquelles aucun effet sanitaire ou aucune nuisance ayant un retentissement sur la santé n’est attendu pour la population générale, en l’état des connaissances actuelles. Dans le cas d’effets sans seuil de dose identifiés, les VGAI sont exprimées sous la forme de concentrations correspondant à des probabilités de survenue d’un effet morbide ou d’une pathologie.

Avancées métrologiques

Si la définition, l’utilité et les finalités de VGAI, ainsi que la méthode d’élaboration des VGAI telles que proposée en 2011, demeurent «valides et pertinentes», c’est la démarche d’évaluation des méthodes de mesure qui connaît une évolution majeure. La question de la métrologie avait été très développée dans le rapport qu’avait consacré l’Anses aux moisissures dans les bâtiments en août dernier.

L’Anses a élaboré des VGAI pour les substances suivantes: formaldéhyde (2007), monoxyde de carbone (2007), benzène (2008), naphtalène (2009), trichloroéthylène (2009), tétrachloroéthylène (2010), particules (2010), acide cyanhydrique (2011), dioxyde d’azote (2013), acroléine (2013), acétaldéhyde (2014). D’autres travaux sont en cours concernant le toluène et la révision des VGAI du formaldéhyde.

4 catégories

Faute de norme spécifique à l’air intérieur pour déterminer la concentration des agents chimiques, l’Anses retient la même norme que celle qui est en usage pour les lieux de travail. Les méthodes de mesure sont classées en 4 catégories (de la plus recommandée à la moins recommandée), en fonction de leur niveau de validation. Une ou plusieurs méthodes de mesure peuvent être recommandées pour mesurer un polluant, dont les conditions d’applicabilité sont précisées chaque fois. Dans le cas où aucune méthode de mesure n’est décrite pour la substance étudiée, c’est la littérature scientifique qui sera mise à profit.

Andrée Buchmann a été reconduite dans ses fonctions de présidente du conseil de surveillance de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), qu’elle occupe depuis 2001.

Gain sanitaire

L’Anses indique que les VGAI proposées, ainsi que les relations doses-effets relevées dans la littérature, doivent être comparées aux concentrations mesurées dans les logements, notamment avec les données que l’OQAI s’apprête à renouveler. «En considérant toutes les limites et les incertitudes liées à cet exercice, l’objectif est d’identifier tous les effets attendus au niveau de la population française, et ainsi d’orienter les actions éventuelles de gestion des risques.» Et si les données disponibles pour la substance étudiée le permettent, les travaux d’expertise proposeront des éléments semi-quantitatifs ou quantitatifs du gain sanitaire que pourrait permettre le respect des VGAI élaborées, espère l’Anses.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus